Koe no katachi

Par - publié le 25 Novembre 2013 à 12h09
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Cela faisait un bon bout de temps que je n'étais plus revenu poster mes dernières trouvailles.

Koe no katachi, traduit par la "forme de la voix", est un petit manga sans prétention mais qui frappe fort en traitant des discriminations à l'école, le phénomène des fameux Ijimes, ces enfants qui font l'objet des pires brimades par leurs camarades ce qui les poussent parfois jusqu'au suicide.

Alors qu'il est en primaire, Shouya Ishida fait la connaissance d'une nouvelle venue dans sa classe, la jeune Shouko Nishimiya. Cette dernière a une particularité et non des moindres: elle est sourde.

Ce problème de surdité entraîne immanquablement des difficultés de communication avec ses camarades et son professeur durant les cours et à l'école. Ce qui, au début, parassait comme une curiosité et un changement rafraîchissant pour les élèves d'aider une de leurs camarades à surmonter son handicap devient progressivement une corvée et une gêne pour tous et chacun devient las de devoir communiquer avec elle par son carnet de note, son seul lien avec le monde extérieur.

La lassitude se transforme en mépris le jour où l'école a perdu le concours annuel de chorale à laquelle Shouko avait absolument tenu à faire parti pour progresser et faire des efforts comme tout le monde. Depuis ce jour, Shouko devient systématiquement la cible de moqueries de tous ses camarades, en particulier de Shouya qui prend un plaisir non-dissimulé de la tourmenter. Les principaux amis de ce dernier, même s'ils ne poussent pas les brimades au même degré que Shouya, ne font rien pour l'arrêter. Shouko essaye tant bien que mal de se faire accepter des autres et tente de devenir amie avec eux.

Mais, chaque jour, Shouya ne cesse de persécuter la pauvre Shouko en allant toujours plus loin, malgré les avertissements et les remontrances répétées de son professeur... Jusqu'au jour où le principal, alerté par la mère de Shouko à propos de la perte ou la casse fréquente de ses sonotones, décide d'intervenir.

Shouya est alors automatiquement désigné comme bouc émissaire par l'ensemble de la classe. C'est ainsi qu'il découvre le masque de l'hypocrisie de ceux qu'ils pensaient être ses amis.

C'est également à ce moment qu'il va se retrouver peu à peu relégué à une place de tête de turc, goûtant lui aussi aux brimades qu'il faisait subir à Shouko autrefois et découvrant la solitude. Cette dernière, voyant que Shouya souffre va montrer de la compassion et essayer de lui remonter le moral. Ayant du mal à communiquer avec elle et ne parvenant pas à comprendre ses actes, Shouya finira par se battre avec elle, une dernière fois. Suite à cette bagarre, la mère de Shouko décide de transférer sa fille dans une autre école, mais les brimades continuent pour Shouya...

Ceci va durer pendant 5 longues années. 5 années durant lesquelles, il va subir, se rébeller, lutter contre cette destinée sans pouvoir la changer.

Finalement, dégoûté des autres, mais surtout de lui-même, il pense que son calvaire sans fin ne trouvera d'issue que dans la mort. Mais alors qu'il cherche à faire amende honorable pour toutes les horreurs qu'il lui a fait subir, Shouya va rechercher et trouver Shouko pour s'excuser du mal qu'il lui a fait avant de disparaître.

Et le jour de leurs retrouvailles va marquer la naissance d'une amitié et d'un nouveau départ.

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Commentaires

Portrait de xenofab00

Le héro oui aucun souçis, j'ai même trouvé son cheminement mental étant petit très cohérent. Par contre comme j'avais dit, avec ces deux potes y a quelques facilités mais bon, en ce qui me concerne c'est un détail.

Portrait de illapa

Je l'ai lu aussi, et effectivement, c'est très sympa, j'aime bien la tournure que prend le manga.

Pour répondre à la question de Senki... Je pense que les personnages sont un chouia exagérés sur certains aspects, par exemple le côté ultra gentil/compatissant de la fille au point de s'excuser quand elle se fait persécuter, (même si c'est vrai que les gens persécutés pensent souvent que c'est de leur faute car les bourreaux les font bien culpabiliser), ou quand elle va jusqu'à nettoyer le bureau du gars.
Ca non, en vrai ça n'arriverait pas.

Pour le gars, en général les gens qui persécutent les autres sont mal dans leur peau, ils ne font pas ça pour tromper l'ennui comme le mec le dit ici, mais pour décharger leur mal-être sur quelqu'un d'autre. Alors que là, le mal être du gars vient après quand la situation se renverse.

Pour le reste j'ai trouvé ça réaliste, à quelques détails près.

Portrait de Ashton

Je pense vraiment qu'il faut bien saisir la vraie orientation de ce manga pour l'apprécier. Moi j'adore, même si j'espère que l'auteur tombera pas dans les travers de beaucoups des mangas prépubliés dans les mags shonens, qui delayent leur fin, et saura conclure son histoire quand il sera temps. On en est ceci dit pas là, je pense qu'il y a de quoi faire au moins le double des chaps dispos facile, et pour l'instant on ne peut qu'être sensible à la chaleur du manga.

 

On est, je pense, tous d'accord sur ce point. C'est bien pour ça que je préfère éviter les hypothèses et les prévisions quand à la direction que va emprunter l'auteur pour mener son histoire.

Attendons de voir (impatiemment) la suite pour apprécier son travail et le voir arriver "à maturation", si j'ose dire.

Portrait de xenofab00

Arf pour la réponse à mon post, bah conjectures n'exagérons rien, pour Sah*** c'est relativement évident au stade où on est, l'autre c'était qu'une pensée. Surprendre se mérite quand même un minimum, bref.

Concernant mes exemples (ceux mangas) j'ai déjà précisé avant même de les citer leur nature un peu différente, ici le but n'était bien évidemment pas de nier la singularité de Koe no Katachi puisque j'ai été le premier à la crier sur le post d'avant, mais juste de montrer que le thème reste quand même très présent dans les fictions japonaises. D'ailleurs sur ton lien j'ai retrouver le titre du drama dont je causais: Life. Ici c'est donc sur le cauchemard quotidien et le combat contre cette situation qu'on se concentre, une voie différente de Koe no Katachi ce qui pour moi rend ce dernier assez special.

 

Sinon Senki je comprend pas trop ta question précisemment, mais oui pour revenir à ce je disais sur les personnages sur certains traits c'est pas le coté le plus vraisemblable du manga, ce qui ne me gène pas tant vu son orientation éloignée du drame psychologique. Par contre, sur ce qui arrive en soi, c'est totalement réaliste (en mettant de coté certains trucs du cheminement donc), y a même bien, bien pire.

Je pense vraiment qu'il faut bien saisir la vraie orientation de ce manga pour l'apprécier. Moi j'adore, même si j'espère que l'auteur tombera pas dans les travers de beaucoups des mangas prépubliés dans les mags shonens, qui delayent leur fin, et saura conclure son histoire quand il sera temps. On en est ceci dit pas là, je pense qu'il y a de quoi faire au moins le double des chaps dispos facile, et pour l'instant on ne peut qu'être sensible à la chaleur du manga.

Portrait de Ashton

Côté cliché, je ne saurais dire... Le problème principal est que le profil type du bourreau et de la victime est reprit dans tellement d'oeuvres que le trait peut parfois être grossi ou déformé involontairement.

Il y a quand même beaucoup de scénarii de shounen school life dans lesquels il y a toujours, à une période charnière de l'histoire ou non, une scène de harcèlement qui est plus ou moins anodine.

A travers GTO, le thème revenait souvent, sous diverses formes, mais avec un aspect de combativité qu'Onizuka faisait naître chez la victime pour montrer qu'elle n'était en rien un looser, dans Koe no katachi, c'est différent, c'est l'introspection d'un personnage qui a été tour à tour bourreau, puis victime de harcèlement. Je ne sais pas si on peut parler de cliché, mais l'auteur a peut-être dû s'inspirer d'une partie du travail de ses pairs et de la réalité pour construire ses personnages.

De toute manière, c'est un phénomène qui n'est pas nouveau au Japon et qui a l'air de faire plus de ravages que par chez nous, même si on en parle également:

http://fr.wikipedia.org/wiki/Ijime

Portrait de Senki

Mince, j'ai lu les deux premiers et comme tout le monde, je suis sous le charme. Par contre je me demande quelle est la part de vérité là dedans. Je sais que c'est une fiction mais quelle est la part de réalité du côté cliché des personnages ?

Portrait de Ashton

C'est vrai que, de ma propre opinion, ce manga marque émotionnellement son lecteur avec le même impact qu'une oeuvre de Makoto Shinkai, Hayao Miyazaki ou Mamoru Hosoda.

En tout cas, merci mon Roger, tu me flattes!

Portrait de captain_roger

Je n'ai pas d'exemple en tête de mangas tourant autour de ces thèmes non plus. Mais voilà, c'est prenant. Simplement prenant. J'ai plus été emporté comme ça depuis Ano Hi Mita Hana no Namae o Bokutachi wa Mada Shiranai. Pas dans le même genre, mais c'est vraiment le même thème de la culpabilité et du pardon qui ressort de ces deux oeuvres.

De toutes façons Ashton, tu m'as piégé dans ce manga et c'est une très très belle découverte ! Merci !

 

Portrait de Ashton

Oulà, je préfère ne pas me perdre en conjectures, c'est le meilleur moyen d'être déçu par la suite. Je laisse le soin à l'auteur de me surprendre.

Aussi, je ne mélangerai pas aussi facilement les références des autres mangas cités qui, pour certains, survolent le thème du harcèlement (sauf GTO dans lequel il est récurrent, mais abordé de manière différente) avec celui-ci qui constitue un des volets centraux avec la discrimination et le pardon.

Portrait de xenofab00

Ashton-> Moi je ne pense pas que l'auteur ait eu à tant dévier de son idée originelle (même si bien entendu je peux totalement me gourrer)

 

spoils probables

D'une part, je trouve le thème de l'ijime courant au contraire, certes rarement de façon ultra-poussé et moins en manga (du moins si c'est le thème principal), mais sinon t'en as un peu partout: GTO, Myself Yourself, Uninhabited Planet Survive, Gantz, Kodomo no Omocha,... j'ai aussi entendu parler d'un drama japonais assez connu (pas retenu le nom, car j'aime pas les dramas) qui traitait exclusivement de ça.

C'est pour ça qu'au fond, plutôt que sur son combat, je préfère une approche centrée sur le fait d'aller de l'avant tout en essayant de colmater le passé.

Mais bon je veux bien croire que l'auteur ait eu des problèmes après, peut-être davantage par rapport à la nature du mag de prépublication ou tout simplement à cause du fait de pas faire des trucs à la mode.

Le second point qui me fait penser tout ça, c'est surtout qu'une fois le one-shot terminé, je pense qu'on ne pouvait QUE se diriger dans cette direction. Au final, ça n'aura été que l'introduction du périple de nos deux héros, enfin surtout du héro lui-même au final car c'est plutôt lui qui se reconstruit au contact de l'héroïne paradoxalement. Ah ben voilà, j'ai enfin trouvé le terme que je cherchais: la reconstruction des personnages, c'est ce que ce manga met en scène. Ca vaudra aussi, mon petit doigt me le dit, pour certains personnages secondaires: Sahara en premier lieu, et peut-être même la délégué qui vie dans l'hypcrisie, qui sait.

Portrait de captain_roger

Je viens de lire le one-shot et les deux premiers chapitres pour le moment, et je trouve ça top ! C'est une super découverte ! J'espère qu'il sera publié parce que j'aime pas tellement lire sur l'écran de mon ordi mais c'est juste un gout personnel ça !
Je vais lire la suite rapidement qu'on puisse en reparler dans ce topic !

[edit] Il est 23h35, j'ai tout lu, et j'attends la suite avec impatience. Je pense que je le ferai lire à ma moitié, ça lui parlera aussi. C'est une très belle histoire, mas j'y vois plus le thème de la rédemption et de la réparation des erreurs que celui du harcèlement scolaire. Enfin pour l'instant !

Portrait de Ashton

Beau résumé de ta part.

J'ai hâte de voir la suite, mais je pense que le côté harcèlement scolaire et existence des ijimes a été volontairement mis un peu en retrait dans le manga pour la raison évoquée plus haut. Toutefois, je pense que ce thème sera récurrent dans l'oeuvre, de manière atténuée sans doute, comme autant d'opportunités qui se présenteront à Shouya pour qu'il puisse s'accomplir dans son repentir envers Shouko.

Portrait de xenofab00

Bon en fait ça a été lu très vite, vu que j'ai vraiment accroché et puis ya pas tant de chapitres dispos au final.

Donc oui disons que tu traites de l'histoire du one-shot qui a précédé le manga, les événements s'y passent beaucoup plus vite que je le pensais et on arrive très vite à la conclusion, donc tu spoils pas tant effectivement.

 

Concernant l'impression que m'a laissé l'ensemble de l'oeuvre, le ton ne fut au final pas si dramatique que ça, et même au fur à et mesure que ça avance je trouve ça incroyablement doux et touchant.

En fait la période de lecture à la limite un peu laborieuse, c'est justement quand les premiers chaps suivants le one-shot débutent et qu'on re-traite en un peu plus développé ce qu'il s'est déroulé par le passé. Même si en fait, je trouve la façon dont c'était présenté dans le one-shot intéressante donc ça vaut vraiment le coup de le lire avant si on s'intéresse à cette série.

 

[spoil]

Donc contrairement à ce que me laissait penser le thème, on a affaire à une histoire au goût parfois légèrement sucré. Et en fait, je trouve ça excellent, sans jamais cacher l'horreur de certaines situations le manga nous transmet un certain optimisme en montrant aussi les bons cotés que l'être humain peut avoir. En un sens, traiter des ijime de façon noire et psychologique aurait été plus classique, je ne m'attendais pas à ce type d'histoire. La contrepartie, c'est peut-être certaines personnalités ou psychologies moins crédibles (et j'ai aussi trouvé que les "potes" du héro, le blond et le gros, retournaient de façon précipitée leur veste en insistant sur la cruauté, des années durant, de façon un peu incongrue).

Au final après la période du one-shot, plus qu'un traité sur la maltraitance à l'école, j'y ai vu d'une part l'histoire d'une réhabilitation, d'un homme au fond du trou qui remonte petit à petit la pente grâce à son lien avec d'autres, et d'autre part, bien entendu, une histoire d'amour vraiment mignonne et touchante. Je l'aime la version lycéenne de la petite sourde.

Bon du coup un peu frustré de pas avoir la suite vu comme j'étais absorbé.

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Portrait de Ashton

Xeno=> Disons que j'essaye de limiter le spoil à un ou 2 chapitres grand max (dans le cas de Koe no katachi, c'est différent, car l'intro de base est reprise 2 fois avec un angle de vue de personnages différents). Le problème, c'est que soit on en dit trop pour amoindrir le plaisir, soit pas assez pour éveiller la curiosité. Après relecture, c'est vrai que j'en ai beaucoup dit, mais il s'agit surtout du prologue qui est dévoilé.

A l'origine, il faut savoir que le manga était un one-shot et l'auteur s'est battu contre son directeur éditorial pour éviter que son manga ne soit censuré (le sujet des ijimes est quasiment tabou au Japon).

A ma connaissance, il n'a été publié qu'au Japon, mais vous trouverez très facilement les scans sur le net.

Le chapitre 16 est fraîchement sorti ce jour.

Portrait de captain_roger

Moi aussi à la lecture de ton post, j'ai très envie de lire ce manga. Qui plus est il traite un sujet intéressant auquel je ne connais que peu de choses. Il est paru quelquepart ou il faut le rechercher sur le net directement ?

Portrait de xenofab00

Ca m'a l'air éminemment intéressant comme manga, mais ne crois-tu pas que tu spoiles probablement un peu dans ton post qui semble expliquer une grande partie de l'histoire? Je dis ça car j'ai tout lu et je me demande si je ne vais pas le regretter, même si je sais qu'il est tentant de raconter les éléments qui font qu'une histoire est singulière ou thématiquement intéressante.

Je vais en tout cas essayer à l'occasion.