Brume

Test de Star Ocean

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Par - publié le 08 Janvier 2013 à 09h07
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Développé par Tri Ace, Star Ocean d'ENIX sort en 1996 au Japon sur Super Famicom, la version japonaise de la Super Nintendo. Il faudra attendre 2003 pour avoir droit à une traduction dans notre douce langue proposée par Dejap, traduction qui nécessite un patch graphique qui a visiblement été très difficile à créer. Il reste quelques bribes de japonais ("Hai / iie" en hiragana pour "oui / non", le hai=oui étant toujours à gauche lorsqu'un choix est nécessaire) et des voix digitalisées qui seraient sans nul doute de moins bonne qualité si elles avaient été traduites. Rien de décourageant, somme toute... rien qui ne m'a empêché d'aller jusqu'au bout de ce soft pour vous en faire le test...

D'entrée, on remarque que la réalisation est vraiment soignée. Graphiquement, ça fait penser à un Tales of Phantasia sur SNES : c'est un plaisir d'évoluer sur ces écrans riches de détails, sur des décors variés et colorés. Les bulles de textes sont translucides et vraiment bien réussies. Il y a de nombreuses animations, comme des rideaux qui volent au vent, les volées de pigeons ou encore le vacillement des flammes des feux de cheminées ou des bougies, ainsi qu'une foultitude de paysages allant de la vieille mine désaffectée, perdue au milieu d'une forêt dans un monde Fantasy, à la base spatiale ultra-futuriste, où vous aurez besoin de vous connecter aux terminaux afin d'accéder aux bases de données des forces démoniaques que vous traquez.

Les premières musiques que l'on entend sont également très belles : on sort du traditionnel « bipbip », et on commence vraiment à avoir des sons aboutis. De plus, de nombreuses voix digitalisées viennent agrémenter cette bande-son, comme ce spectaculaire « SOOODEESSSKA ! » sorte de kiaï qu'entend votre adversaire avant de périr sous les coups d'un twin slash... Malheureusement, sur la version anglaise patchée, il y a quelques bugs dans cette bande-son et il arrive fréquemment que la musique d'ambiance ne reparte pas après un combat, laissant les bruitages comme seuls accompagnements de votre quête. Heureusement ce bug n'est que temporaire... Mais que ne ferais-je pas, tout de même, pour jouer à une version non-buggée afin de profiter pleinement de cette bande-son génialissime que vous pouvez dès maintenant écouter grâce au suprême site de musique Super Nintendo : www.snesmusic.org.

 

Je ne m'attarde pas plus sur les aspects réalisation, qui sont, vous l'aurez compris, très bons, mais c'est un minimum étant donné que ce jeu est l'un des derniers RPG sortis sur cette plate-forme. De plus, la version émulée et patchée contient quelques bugs sonores et graphiques, qui ne font pas vraiment plaisir quand on est en immersion totale dans cet univers mirifique. A ceux qui maîtrisent le japonais, je vous conseille vivement de jouer à la version originale ! Vous profiterez ainsi pleinement du jeu...

 

L'histoire, justement, venons-y. Le début de l'histoire se déroule sur la planète Roak, un monde de magie où vit presque paisiblement un peuple pacifique dont le seul but dans la vie est de préserver l'équilibre. Une étrange maladie, qui pétrifie les contaminés en quelques jours, frappe une région située au nord de notre village. Le père de Milly, guérisseur aux talents reconnus, se rend la-bas afin de tenter d'endiguer la pandémie mais tombe malade. Puis le meilleur ami de notre héros, l'amoureux de Milly, tombe à son tour sous les coups du virus. Mais une plante aurait, dit-on, le pouvoir de guérir tous les maux. C'est à sa recherche que partent donc nos héros.

Mais c'est à l'instant fatidique où l'on s'apprête à récolter le fruit de notre laborieux périple, que le scénario bascule. A la Star Trek, genre "Téléportation", deux personnages mystérieux font leur apparition et vont vous emmener aux fins fonds de l'univers, où vous aurez l'occasion de contempler un océan d'étoiles, avant de visiter d'autres mondes, à la recherche de la provenance du mystérieux mal qui sévit sur Roak. C'est dans le passé que vous trouverez la solution de l'énigme ! Mais même une fois le vaccin trouvé, des rebondissements viendront encore enrichir le quota de surprises déjà largement atteint.

L'univers dans lequel se déroule l'histoire (pour ceux qui connaissent, je le comparerais à l'univers Lanfeust des étoiles...) est apaisant et on y évolue avec plaisir. Les personnages sont attachants car ils ont tous une histoire que l'on découvre petit à petit grâce au scénario, mais aussi grâce aux "private action", des phases de jeux facultatives que l'on peut déclencher lorsque apparaît la petite animation en haut à droite de l'écran, en cliquant sur un bouton. Et comme si ces entorses au scénario ne suffisaient pas, d'autres lieux dont l'accès n'est pas obligatoire, comme la vieille mine désaffectée qui offre un équipement terrible à quiconque a la ténacité et le niveau pour arriver au bout, ou bien l'arène dans laquelle vous grimperez en expérience et gagnerez des niveaux de classement recevant ainsi les faveurs de plusieurs princesses, et tout un tas d'autres quêtes secondaires qui vous permettront de trouver des personnages facultatifs, des équipements et des items sympa, ou tout simplement gagner en expérience et découvrir toutes les ficelles cachées du jeu !

 

L'univers héroïc-fantasy semi-futuriste est également bourré de clins d'oeil à la culture manga, et l'on s'amuse à deviner les émotions des personnages grâce aux petites bulles de BD qui apparaissent lorsqu'ils sont étonnés, surpris, ou tout simplement en colère. L'ambiance est de plus très humoristique, et je dois reconnaître que, très primaire, je me suis bidonné en voyant mon héros prendre une cuite avec tous ses amis, dans une taverne d'Astral.

Et ne vous inquiétez pas... vous qui rêvez de parcourir cet univers dont je vous fais l'éloge, le gameplay est tel qu'à aucun moment du jeu vous ne vous lasserez de jouer. Tout d'abord, le système de combat est très agréable. Les ennemis apparaissent aléatoirement lors des déplacements, et vous êtes projeté dans une scène de combat à la Final Fantasy. Le combat est en vue trois-quart profil, toujours comme Final Fantasy, mais le combat se déroule en temps réel, à la façon "Tales of". Vous dirigez votre personnage, les autres étant autonomes et se battant suivant une attitude globale que vous définissez dans les paramètres des personnages. Vous pouvez cependant forcer leurs actions en combat, mais cela se fait au détriment du maniement de votre propre personnage, qui lui, n'agit pas sans vos commandes. Laissez-donc faire l'IA du jeu qui est assez bonne. Vous n'aurez que rarement à vous en plaindre.

Chaque niveau que vous grimperez vous permettra d'utiliser des points Skills afin d'augmenter vos caractéristiques dans un certain nombre de domaines, boostant ainsi vos capacités à courir, à scanner un adversaire, à « cuisiner » façon alchimiste, et surtout, à enchaîner les combos ! Votre personnage apprend en effet une multitude de coups spéciaux plus ou moins efficaces que vous allez pouvoir programmer sur vos boutons "L" et "R" et déclencher en combat. Enchaînés judicieusement, vous pourrez envoyer des coups spécialement meurtriers à vos adversaires, et vous débarrasser ainsi des plus terribles boss (SSOOOODEEESKAA !!!). Et encore, c'est sans compter les sortilèges du tonnerre que vos alliés lanceront pour vous épauler... Je me suis fait une petite team de magiciens avec moi, juste pour rigoler pendant une petite quête secondaire... ça pulse ! Sur certains combats, je n'avais pas encore frappé une fois que trois sortilèges avaient déjà fusé et j'avais l'air d'un couillon avec ma grande épée et plus d'ennemi à occire Mais les magiciens manquent de PV et contre des ennemis trop puissants, ils sont un handicap... Rappelez-vous que Josha est le seul guérisseur (le seul que j'aie trouvé), il est donc indispensable dans votre TEAM !

Sorti des combats, vous pourrez vous adonner quelque peu à l'alchimie en combinant des items que vous achèterez ou gagnerez en combat, afin de créer toutes sortes d'objets plus ou moins utiles. Le dernier point important à noter est qu'il n'y a pas le mode carte, que je trouve assez lassant sur certains autres jeux comme les Final Fantasy. Tous les déplacement de ville en ville se font « à pied », nécessitant parfois une traversée en bateau.

 

Voilà donc le fameux Star Ocean, que j'ai rêvé de finir un bon nombre de fois, pleurant systématiquement dès que les premiers dialogues en japonais apparaissaient. Un grand merci à Dejap (et de manière générale à tous les roms-hackers) pour nous avoir fourni une traduction claire (en anglais, une traduction française a été projetée, mais elle n'a jamais été terminée), et le patch graphique qui va avec. Ce patch a nécessité un temps gigantesque pour son développement, car cette cartouche très particulière de la Super Famicom possédait un chipset permettant une décompression hardware des éléments graphiques du jeu (le S-DD1) qui aurait posé problème aux hackers de Dejap ; chipset qui n'était présent que sur DEUX cartouches SNES, permettant d'augmenter considérablement la capacité de ces cartouches.

Mais ces efforts n'ont pas été vains, loin de là, puisqu'aujourd'hui vous êtes en mesure de jouer à ce jeu formidable, l'un des meilleurs sur ce support, un véritable carton d'ENIX. Comme Rudora No Hidou, je regrette seulement qu'il n'ait pas été traduit en français, sûrement parce qu'il sortît tardivement, à l'aube de l'ère Playstation...


Galerie photos
Les + / Les -
  • Musique
  • Graphismes
  • Scénario
  • Date de sortie tardive
Evaluation
Graphismes
Très bons et très soignés, les graphismes de Star Ocean n'ont pourtant rien d'exceptionnels. Il n'en reste pas moins qu'ils offrent un visuel des plus appréciables.
Musique
Incontestablement un des points forts de Star Ocean. De belles musiques avec un soupçon d'orchestration, et d'innombrables voix digitalisées qui agrémentent cinématiques et combats.
Jouabilité
Sans le mode carte en mode 7 style Final Fantasy, avec des combats en temps réel, des possibilités de personnalisation des personnages immenses, Star Ocean offre une jouabilité excellente.
Durée de vie
Enorme pour un jeu SNES, quelques 30 heures vous seront nécessaires pour finir ce soft, et encore, vous ne suivrez sûrement pas toutes les quêtes secondaires. Les boss sont malheureusement un peu faciles en général, et il y en a trop peu.
Scénario
Là encore, un excellent point : le scénario est riche en rebondissements. Il nous fait voyager dans l'espace et le temps et vous verrez, lorsque vous serez sûr d'arriver à la fin, vous risquez encore d'avoir des surprises... De plus, l'histoire est pleine d'humour, d'entrain et de bonne humeur, et c'est le sourire aux lèvres du début à la fin que l'on finit ce jeu merveilleux.
En résumé
C'est sans conteste un des meilleurs RPG jamais développés sur Super Nintendo, dans la lignée de tant d'autres RPG de l'époque. Il n'a aucun défaut véritable dans sa conception, mais on regrette, nous, pauvres français, d'avoir une fois de plus été spoliés et de n'avoir pu bénéficier d'une traduction de la cartouche.
19 /20 0
Sortie japonaise: 
19/07/1996
Éditeur: 
Développeur: 
Plateforme: 

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Commentaires

Portrait de Yomi

Je l'ai testé ya plus de 15 ans, à la sortie de Star Ocean 2 en français que j'ai pas pu finir, Indalecio imbattable, j'ai alors passé au 1er qui avait l'air aussi excellent, je poste car je vais le reprendre pour y jouer sur mon smartphone (RetroSNES sur Android) même si je l'ai déjà sur PSP.
J'ai decouvert la série avec Star Océan 2 sur PlayStation.
Vivement une traduction française du 1er pour mieux comprendre l'histoire.

Portrait de Tylano

Je l'ai terminé en japonais et ce fut un calvaire sur certains endroits qui obligent à revenir loin en arrière...

Musicalement c'est énorme, avec des voix digits ayant la pêche!!

Quel dommage que ce jeu soit non traduit en Fr...cela dit, même en Jap il est possible de comprendre comment fonctionne les systèmes de combats, magies.

Un jeu coup de coeur!

Portrait de Diablobscur

Alors la on peut pas dire que le jeu et nul!

Portrait de Senki

Il me semble bien, en tout cas c'est le cas dans Star Ocean 2 et 3. Ou comment exploiter une variable à l'extrême !

Portrait de DooKie

C'est seulement dans les toutes dernières versions de ZSNES qu'on a enfin eu le patch graphique. Si ma mémoire est bonne, Street Fighter Alpha 2 intégrait la même puce graphique qui le rendait lui aussi injouable sur émulateur...

C'est moi où on pouvait monter son perso au level 255 sur Star Ocean ?

Portrait de Senki

Merci pour le test !

Ce jeu était très bon ! Les dialogues pendant les combats, les actions privées, les personnages (je me rappelle d'un lycantrope qui ressemblait à Ranma)... Qui se sent prêt à faire un dossier de ce jeu sur le site ?

Portrait de DooKie

Un excellent jeu je l'avoue !

J'avais eu beaucoup de mal à le finir, à cause de la traduction pas terminée notamment.
Je vois qu'en 2013, il n'y a toujours pas de patch fr... Dommage car ce jeu m'a vraiment laissé un bon souvenir.