Test de Eternal Sonata

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Par - publié le 11 Août 2011 à 19h59
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Frédéric Chopin se meurt. Âgé de 39 ans, il est atteint de tuberculose et rentre dans la phase finale de sa maladie. Quelques heures avant sa mort, pendant ses crises les plus fortes, il rêve d'un monde imaginaire qui est en proie à un mal qui semble incurable. Vous incarnez un groupe de jeunes gens cherchant à préserver leur royaume d'une guerre naissante et votre rencontre avec Frédéric, un étrange personnage, changera peut-être le cours tragique de ces événements.

Un univers musical

Enchanteur, c'est la première impression que vous aurez en rentrant dans le rêve de Frédéric Chopin... et on se croirait vraiment dans un rêve éveillé.

Les graphismes sont très colorés et les décors travaillés sont un régal, déambuler dans cet univers est un vrai plaisir. Cette réalisation soignée est accompagnée d'une bande-son très réussie, qui est reposante et très agréable à écouter. On regrettera que les scènes inter-chapitres soient les seules à reprendre l'œuvre réelle de Chopin, mais le travail de Motoi Sakuraba est à la hauteur du jeu le reste du temps.

Ne vous y trompez pas, sous ses airs enfantins, un mot peut décrire la trame de ce soft : profond. Bien que proche de nombreux RPG par son côté Bien/Mal et quelques scénettes qui peuvent paraître naïves, Eternal Sonata se démarque grâce à un sujet de fond qu'il est très rare de trouver dans d'autres softs. 
Ce jeu est empreint d'une certaine sagesse, il aborde des sujets durs sur la vie et la mort, et nous fait découvrir l'histoire de Frédéric Chopin. Certaines scènes où l’on sent vraiment la tragédie qui se joue hors de ce monde sont très touchantes. Ce titre et ses personnages n'en sont que plus attachants.

Les personnages sont très travaillés, en commençant par les noms qui se rattachent tous à l'univers musical : Allegretto, Polka, Crescendo...
Graphiquement très réussis (de près comme de loin), leur personnalité et leurs défauts font écho à la vie de Chopin qui est expliquée pendant les scènes inter-chapitres. On en vient rapidement à s'attacher au groupe dans son ensemble, ce que je trouve rare dans un RPG où l'on a souvent quelques favoris.

Le système de combat

Comme dans tout RPG, votre aventure va être jalonnée de nombreux combats. Un des côtés agréables est que ceux-ci ne sont que très rarement imposés ; en effet les monstres sont visibles à l'écran (comme dans FF XII) et il est possible la plupart du temps d'éviter les affrontements. 
Une fois engagés contre un monstre, les trois personnages de votre équipe se trouvent projetés dans une arène de combat.

A la frontière entre tour par tour et temps réel, le gameplay est très dynamique. Deux timers rythment les actions, le temps tactique qui permet de prendre le temps de réfléchir à la situation et le temps d'action qui permet de se déplacer, d'utiliser les objets et d'attaquer. 
Tout au long du jeu, ces deux timers vont peu à peu évoluer afin de corser les combats et les rendre de plus en plus intéressants. Ce système de prise en main est bien pensé et l'on se prend à stresser de plus en plus comme si l'on se trouvait en situation réelle de prise de décision. 
La possibilité de pouvoir bloquer certains coups en agissant au bon moment rend l'action encore plus plaisante.

Echo et Harmonie

Les actions spéciales de vos personnages ne dépendent pas de mana dans ce titre. A la place, chaque pouvoir voit sa puissance augmenter grâce à une jauge d'Écho qui se remplit par paliers comme des combos (4, 8, 16, 24 et 32). Ainsi il est possible de lancer des attaques très rapides pour faire monter cette jauge avec l'un de vos personnages, puis de déclencher une attaque dévastatrice avec un autre, ou encore de soigner la totalité de votre groupe en une seule fois.

Ce système déjà bien dynamique et stratégique possède en plus une dernière spécificité à haut niveau : l'Harmonie. Quand vous atteindrez 24 échos ou plus, vos personnages pourront déclencher de nouveaux effets coordonnés et bien plus puissants.

 

Ombre et Lumière

Eternal Sonata possède un dernier atout : le principe d'Ombre et de Lumière.
Certains pouvoirs auront des effets différents en fonction du positionnement du personnage qui l'utilisera par rapport aux zones éclairées ou non. Ainsi le déplacement de votre équipe devient un aspect très important des combats et il ne faudra jamais le négliger.

Ce principe n'intervient pas uniquement pour vos personnages, en effet les monstres eux-mêmes peuvent changer du tout au tout en fonction des ombres. Un petit rat des champs se transforme vite en monstre assoiffé de sang qui devient très dur à vaincre s’il s’est simplement mis à l'ombre d'un arbre. À l'inverse, un monstre qui vous paraît invincible peut se révéler inoffensif lorsqu’il est placé du bon côté.

Quelques fausses notes

Ce titre, bien que très attractif, possède quelques lacunes. Le scénario linéaire et le peu de quêtes annexes font que la durée du titre est ridicule pour un jeu de ce genre (30-40h). Ce qui est vraiment dommage puisque certains aspects du jeu n'ont pas été vraiment exploités, comme par exemple l'utilisation de l'univers musical afin de créer des trames parallèles à l'histoire.

Enfin, deux autres points sont très agaçants pour un RPG : le peu de diversité des monstres rencontrés (mis à part leur changement de couleur) et la faible personnalisation des personnages au niveau de leur équipement.

Conclusion

Vous l'aurez compris, Eternal Sonata est un jeu coup-de-cœur. Vous serez séduit ou non par son univers, et de là partira votre plaisir à y jouer.

Il ne faut pas s'attendre à un classique du genre, tant au niveau de la durée de vie que du scénario. Vous allez vivre un conte, le rêve d'une personne mourante, et vous serez plus un spectateur qu'un acteur (bien que plusieurs fins soient possibles).

Je ne peux que vous conseiller de vous lancer dans cette histoire dont le principal défaut est de finir bien trop vite.


Galerie photos
Les + / Les -
  • Le système de combat
  • La qualité des musiques
  • Les graphismes colorés et très travaillés
  • Les personnages attachants
  • Une très faible variété de créatures
  • Un scénario linéaire et une courte durée de vie
  • Peu d'accessoires pour les personnages
Evaluation
Graphismes
Graphiquement splendide, très chaleureux et coloré. Un plaisir.
Musique
On sent que Motoi Sakuraba a voulu faire honneur au talent de Chopin. Le seul regret est l'absence de la véritable musique de ce dernier au cours du jeu lui-même.
Jouabilité
Le système de combat dynamique est un peu difficile à prendre en main au début, mais l'implication du joueur en temps réel et l'importance des ombres et lumières rendent le jeu vraiment très sympathique.
Durée de vie
Une durée de vie réduite pour un RPG (30-40h), bien qu'ayant un mode pour reprendre l'histoire de nouveau. Il y a très peu de quêtes annexes.
Scénario
Un univers et des personnages sympathiques. Le scénario est bon et agréable, sans être vraiment novateur. On sera tout de même déçu par son côté linéaire.
En résumé
Ce jeu est graphiquement et musicalement beau, profond par les questions qu'il soulève, et il possède un gameplay très agréable. Néanmoins, l'impression de rencontrer toujours les mêmes ennemis et le côté linéaire du parcours gâchent un peu le plaisir du jeu. Si vous aimez la musique classique, les univers colorés et qu'un jeu court ne vous rebute pas, je vous conseille vivement de tester ce jeu enchanteur.
16 /20 0
Date de sortie française: 
13/02/2009
Sortie japonaise: 
18/09/2008
Sortie américaine: 
21/10/2008
Éditeur: 
Développeur: 
Plateforme: 
Date de sortie française: 
19/10/2007
Sortie japonaise: 
17/09/2007
Sortie américaine: 
14/06/2007
Éditeur: 
Développeur: 
Plateforme: 

Commentaires

Portrait de Marcio

J'ai adoré l'expérience que proposait Eternal Sonata. Beaucoup de testeurs l'ont traité de jeu ennuyant, mais la patte esthéthique, la musique, le système de combat qui évolue peu à peu au fil du jeu ont fait que j'ai vraiment adoré parcourir cet univers. Bref, un jeu sympathique que je regrette pas avoir pris et il est parmis les bons Rpg de la génération PS3/360.