Test de Castlevania: Mirror Of Fate

Par - publié le 28 Mars 2013 à 00h39
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Une fois de plus, le comte Dracula a frappé. Il nous est à nouveau proposé de suivre le combat sans merci d’une famille dont les aptitudes guerrières sont transmises de génération en génération. Bienvenue dans la famille Belmont.

Pour commencer, il est important de spécifier que Castlevania Mirror of Fate ne met pas en scène un seul Belmont mais bien trois en un seul jeu : Gabriel (jouable en didacticiel mais qui s’avère être le seigneur des ténèbres), Simon (mon préféré mais dont le charisme prend un méchant coup) et Trevor (sûrement le plus classe dans ce jeu). On contrôle également Alucard qui constitue l’acte II du jeu et  qui se bat aussi avec un fouet.

On peut également supposer qu'elle est la première et dernière aventure de Trevor, oubliant ainsi Castlevania III Dracula's Curse. Ce scénario n'est pas cohérent du tout avec le reste de l'histoire, c'est même une rupture totale avec la légende qui s'est construite au fil des opus en 25 ans d'histoire. Les personnages sont regroupés, et ce, malgré le fait que plusieurs siècles les séparent (si les scénarios précédents ont précisé les dates, c'est non seulement pour rendre les personnages plus crédibles mais surtout pour garder une cohérence logique dans la lignée de la famille Belmont). Bref, ce jeu s’avère être plein de surprises et d’incohérences.

Pour le gameplay, ce jeu est assez bien travaillé mais provoque la colère des puristes. Quand j’achète un Castlevania, je m’attends à des batailles de fouet épiques et à deux cas de figure concernant l’évolution du jeu : soit une carte du château où je peux aller comme bon me semble et monter mes niveaux en flagellant tout ce qui respire (même si les ¾ des ennemis sont déjà morts) et surtout où il y a un petit aspect RPG où on trouve des armes ou au moins des armures (comme dans Down of Sorrow par exemple); soit par un jeu de plate-forme old school avec un timer et un chemin plus ou moins linéaire, où je ne me soucie guère de mon expérience mais où occire les monstres rapporte des points (pur scoring) et des items bonus et évidemment, où seuls mes réflexes et ma connaissance du jeu me sauveront la vie. A la limite, le jeu aurait très bien pu se présenter comme lorsque l’on joue Julius Belmont dans Down of Sorrow ou Albus dans Order of Ecclesia, ce qui lui aurait valu une durée de vie bien plus longue et certainement un style bien plus fun et bien plus libre. Pour faire clair, le jeu est un mélange de tous les styles de jeux passés, c’est-à-dire que l’aventure est un faux RPG (points d’expériences, niveaux et aptitudes) mais il n y a ni PNJ ou marchant ni même équipement. On gagne des objets de manière prédéfinie (c’est-à-dire par des cinématiques ou par des boss à des moments précis et obligatoires du jeu) mais qui n’influencent pas les statistiques du personnage (qui d’ailleurs sont absentes). Du coup, on se retrouve à suivre bêtement un point sur la carte (assez mal fichue) en ayant l’impression d’être libre. La fluidité des événements est assez bonne, rapide et surtout bien appuyée par de belles cinématiques en 3D.

Le jeu ne change pas malgré le fait qu’il y ai trois personnages avec des styles de combat et des aptitudes différents dans les opus précédents. Le seul changement réside dans les objets secondaires et les sorts (Simon rencontre l’esprit de Belnades comme dans Castlevania III et l’esprit de Schneider ; l’un le protège automatiquement des dégâts, l’autre tire des flèches sur les ennemis avec plus ou moins de précision). Les deux esprits consomment de la magie que l’on peut augmenter avec des coffres cachés comme la jauge de vie ou le port de munitions (les niveaux n’influent pas là-dessus mais uniquement sur le nombre de coups que l’on peut enchaîner, ou les combinaisons que l’on peut créer pour infliger un maximum de dégâts ou frapper en esquivant mais on y reviendra plus tard). Alucard a une forme de brume et une forme de loup (pour passer à travers les ennemis et infliger plus de dégâts) et Trevor a une magie de lumière (regain de vie lors d’un coup de fouet donné) et une magie de ténèbres (force des coups décuplée). On trouve de la vie et de la magie un peu partout, les boss se font souvent en plusieurs étapes mais enlèvent énormément de vie (n’ayez crainte, lors d’une mort en face d’un boss, on ressuscite en face de lui en pétant la forme alors que lui aura la vie que vous lui avez laissé. Trop facile ?  Sûrement). Les boss sont quasiment tous suivis d’une cinématique sous forme de Cut-scenes (comme le dragons’lair de la CD-I ou les cinématiques des Tomb Raider plus récents). Les combinaisons et la vitesse changent en fonction du niveau de difficulté et les cinématiques nous tombent dessus sans prévenir. Un peu de surprise dans ce jeu ?


Donc pour les combats, qu’en est-il ? Et bien Castlevania c’est quoi ? Des combats épiques, souvent très serrés, du claquement de fouet, de lance ou d’épée, des os et de la chair putride qui giclent à souhait sur une musique pour le moins excellente et surtout qui donne envie d’en découdre. Bon ben là ça se rapproche du lot mais c’est bien différent tout de même :

Les personnages font preuve de lourdeur concernant les sauts, rappelant ainsi les opus de NES ou Super Nintendo mais bon pas de quoi gâcher un jeu (la preuve dans le passé). Les combats sont dynamiques, assez personnalisables et innovent par rapport à des mouvements plutôt bien pensés dans les Castlevania 2D (3D mais en plateforme). On peut se protéger, donner des coups de poing, achever ses ennemis avec des prises cinématiques (classes mais répétitives), bref, on a l’impression qu’il existe bien des manières de faire respecter son autorité. On dispose de deux types de coups basiques : les coups directs qui touchent un ou deux ennemis maximum mais dont la puissance n’est pas négligeable et les coups de zones qui enlèvent moins de vie aux vilains mais qui touchent tout ce qu’il y a autour du héros. Bien sûr on peut faire des combos mixtes et même gagner de nouveaux mouvements dans les différents domaines de coups avec de l’expérience. Face aux monstres, il faut frapper avec les plus puissantes attaques pour aller vite mais le système d’esquive étant sûrement la chose la plus réussie du jeu, on peut en profiter, les faire rager et leur donner de petit coups par-ci par-là comme le plus saligaud des sadiques. Concernant les boss on n’a pas trop le choix, il faut donner le max côté coups et esquives mais surtout analyser les comportements pour anticiper les attaques. C’est fun, stratégique, mais facile. Si la vie des boss ne baisse pas vite comparé à la vôtre, comme dit plus haut, il est possible de « repop » en forme face à un boss en loque.

Le jeu, en plus d’être court dans son ensemble, est découpé en trois parties (quatre si on compte le tuto avec Gabi). Du coup on ne profite pas vraiment des personnages qu’on est en train de jouer et si on a une préférence pour un des trois, il faudra se contenter de quelque pauvres heures de jeu avant de le laisser tomber dans le néant de ce scénario blasphématoire.
Pour rester objectif, passons à la musique. C’est joli… mignonnet plutôt. La musique est de qualité (en même temps on est sur 3DS) et relaxe ou fait inutilement stresser. En effet, certains thèmes ou bruits m’ont rappelé certains jeux de peur à tel point que je croyais voir le slenderman dans les décors 3D (c’est peut-être pour ça que l’âme perdue ou le truc en noir avec le masque ne m’inspirait pas confiance). On flippe sans raison vu que la musique change brusquement avec un bruit inquiétant alors que parfois il n’y a pas un seul adversaire a 10km à la ronde.

Le mode ultijoueurs est également inexistant alors qu'on aurait pu gagner quelques heures de jeux supplémentaires.

En conclusion : puis-je mettre une mauvaise note à un jeu qui offre une bonne maniabilité et des décors splendides tout en sachant que c’est un Castlevania ? Bien sûr que non mais ça ne m’empêchera pas de le faire. Carrément trop cher (mon assistante a compté, 59 euros pour 8h30 de jeu, ce qui revient à environ 6 euros de l’heure), ce Castlevania est pourtant le Castlevania du pauvre. Trop court, trop facile (même en hardcore), sans musique, avec un scénario contradictoire, je conseille ce jeu au jeune qui ne connaîtrait pas la saga et qui aurait envie de se défouler façon BDSM. Pour ma part, c’est une déception que je vais m’empresser de rapporter pour un jeu bien meilleur. En tant que fan de Castlevania, je me sens insulté et j’avoue vraiment que j’ai failli pleurer une fois le jeu terminé complètement. J’avais l’impression d’être libre, d’évoluer, l’impression que le jeu serait long mais ceci résume bien le jeu dans son ensemble : ce n’est qu’une impression. J’espère que Konami fera comme pour Castlevania 64 et sortira un remake fidèle à la série incessamment sous peu pour que la famille Belmont demeure encore comme une noble lignée de tueurs de Vampires qui nous ont offert des aventures, des légendes.


Galerie photos
Les + / Les -
  • Graphismes 3D très agréables
  • Univers Castlevania
  • Maniabilité quasi-parfaite
  • De nombreux coups et combos réalisables selon sa propre volonté
  • Cinématiques intéressantes
  • Scénario totalement à côté de la plaque
  • Cinématiques un peu ridicules par la rigidité des personnages
  • Mauvais doublages
  • Facilité pour enfant alors que le jeu est déconseillé aux moins de 16 ans
  • Une dizaine d'heures de jeu maxi pour les plus lents
Evaluation
Graphismes
Très bon rendu 3D, coloré et travaillé, c'est un des éléments qui sauvent le jeu.
Musique
De bonne qualité mais quand j'achète un Castlevania, je veux la musique qui va avec. Un oubli de titre comme sur Nintendo 64 peut-être ?
Jouabilité
Un peu longue à venir pour atteindre le niveau maxi et avoir toutes les aptitudes mais c'est un concept très intéressant. Une prise en main et une fluidité excellentes.
Durée de vie
Trop court, la répétition ne suffit pas pour allonger la vie d'un jeu.
Scénario
Une histoire qui aurait pu être touchante et intéressante mais ce n'est pas du tout du Castlevania.
En résumé
Une déception, un blasphème. J'ai demandé du Castlevania, on m'a servi un cadavre de Belmont. J’espère qu'ils vont remonter la pente car si il y a bien une série qui doit perdurer, c'est Castlevania. Attendons de voir si il y aura un nouvel opus pour remplacer celui-là, que l'on puisse tourner la page. Trop court, trop facile, trop cher. Comme un cauchemar, ce jeu est très bref, presque une démo, et rompt totalement avec le passé. Alucard, Trevor, Simon, reposez en paix.
11 /20 0
Date de sortie française: 
08/03/2013
Sortie japonaise: 
20/03/2013
Sortie américaine: 
05/03/2013
Éditeur: 
Plateforme: 
Portrait de hawkeys
A propos de hawkeys

Né avec une super Nintendo dans les mains, je savais comment faire pour muscler mes pouces. Ma formation a commencé en 94 sur super Mario world, Zelda a link to the past, Super Castlevania IV, Street figther II et super nintendo scope 6. Dés mes 4 ans, j'ai pris la directive de jouer au RPG japonais et de me laisser envoûter par les mondes féeriques et les combats épiques (#secret of mana, FF, et fire emblem). Las d'en rester à des simulations, j'ai finis par m’enrôler dans une assos de GN mais les commentaires des jeunes joueurs sur les jeux rétros étant remplis d'ignorance, j'ai décidé de rengainer mon épée, poser mon carquois pour un temps, et refaire appel à ma manette sacrée afin de montrer que jeu vidéo n'a pas commencé par les jeux de guerres d'Activison. Mon rêve serait évidemment d'en vivre, mais pour le moment, je me contente d'éduquer mon jeune frère pour qu'il cesse de confondre Link et Zelda dans la cours de récrée.

Commentaires

Portrait de Wolvesrealm

Je ne suis pas d'accord avec ce test.

Ce jeu est un peu un Castlevania du pauvre, oui (j'ai pas joué aux LoS, le dernier que j'ai fait est Order of Ecclesia qui est mon Castlevania favori de la série, donc oui, au sortir de cette perle on peut s'interroger sur Mirror of Fate.)

Mais de ce que j'ai compris, comme le dit Captain_roger, c'est la suite de LoS1 et partant de ce postulat les défauts que tu lui donnes sur le scenar n'en sont pas réellement.

Cependant oui, il est très simple, mais moi je l'ai franchement bien apprécié ce jeu. Ce n'est pas le meilleur Castlevania qui existe, mais il est sympa. (Juste un poil trop court à mon goût )

Portrait de Brunhild

Ce n'est malheureusement pas le seul jeu aussi décevant, et pour les mêmes raisons. Cependant fais attention aux termes que tu emploies

Portrait de hawkeys

 

Mais je n'ai rien contre un reboot seulement laissez Trevor Alucard et Simon tranquille. Ces heros de notre jeunesse ont une histoire et une vie a part entiere alors pourquoi les tuer a ce point en les rendant ridicule dans leurs aptitude et avec des liens qu'il n'y aurais jamais eu entre eux?

Portrait de captain_roger

Hé hé, un test de Castlevania Mirror of Fate hein ? J'attendais ça avec intérêt mais... Je me demande si tu as joué à Lords of Shadow avant de jouer à celui-ci. L'histoire en est la suite et n'est pas liée au reste de la mythologie Castlevania puisqu'il s'agit d'un reboot assumé de la série. De fait le test se traine ce point faible comme un boulet. Par contre pour l'argument du trop cher, je peux jamais dire non. C'est toujours trop cher.