Test de Dishonored

Année de sortie: 
2012
Éditeur / Développeur: 
Plateforme: 
Par - publié le 07 Décembre 2017 à 06h37
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C'est assez rare que j'ai l'occasion de jouer à un jeu créé en France qui ne s'appelle pas Rayman, alors pourquoi pas ? Dishonored est un FPS mélangeant action, infiltration et choix de progression dans un univers steampunk assez répugnant.

Tout commence alors que votre personnage, Corvo Attano, revient bredouille d'une quête à la recherche d'un antidote contre la peste sur ordre de l'impératrice. Après de brèves retrouvailles avec elle et sa fille, l'impératrice est assassinée brusquement et Corvo est accusé. Il est alors capturé et envoyé en prison. A la veille de son exécution, il reçoit des instructions et des outils lui permettant de s'évader de prison. S'en suit alors une rencontre avec un groupe de loyalistes qui veut faire tomber le gouvernement actuellement en place (celui qui a comploté pour l'assassinat de l'impératrice). Vous serez amenés à vous déplacer à plusieurs endroits de Dunwall, la cité où se déroule l'intégralité de l'intrigue. Les missions se déroulent de jour ou de nuit et certains endroits sont d'ailleurs revisités dans l'une ou l'autre des conditions. Globalement, le scénario est correct. Il ne surprend presque jamais mais n'entrave pas la progression non plus. Les cinématiques peuvent être zappées et une grosse partie du background du jeu est racontée via des journals que je n'ai pas pris la peine de lire car je n'y ai pas trouvé d'intérêt. J'ai obtenu la meilleure fin, qui fait le job mais sans plus. Le scénario n'est pas clairement pas le point fort de ce jeu, mais n'est pas un point faible non plus.

 

Après une première heure assez laborieuse durant l'échappée de la prison, qui permet de découvrir les bases du gameplay (notamment l'aspect infiltration), les choses sérieuses commencent une fois arrivé au Hound Pits, le bar où vous converserez avec vos alliés. Quelques minutes après votre arrivée, après avoir décidé de vous reposer, un être divin connu sous le nom de l'Outsider communique avec vous dans vos rêves et vous tatoue sa marque. Dorénavant, en récoltant les runes disséminées à travers les niveaux, vous pourrez acquérir des pouvoirs divers. Et c'est bien là l'aspect le plus intéressant du gameplay à mon sens. On débloque des pouvoirs comme la téléportation, le ralentissement du temps, la vision obscure (qui affiche les ennemis proches à travers les murs, leur champ de vision qu'un indicateur du niveau de bruit que vous faites), la possession (d'un animal ou humain)... ainsi que des capacités passives comme le tueur de l'ombre, qui fait disparaitre les corps des ennemis (tués par surprise au niveau 1, tous les ennemis au niveau 2), de quoi éviter d'éveiller les soupçons des gardes (vous avez toutefois la possibilité de porter et cacher les corps) ou alors une augmentation de la jauge de vie, entre autres. La téléportation est bien pratique pour atteindre des endroits élevés par exemple, qui vous permettront d'effectuer des assassinats en hauteur, mais aussi pour se placer rapidement derrière un garde et l'éliminer. C'est pour moi l'aspect le plus grisant du gameplay.

 

En dehors des pouvoirs, Corvo dispose d'un arsenal composé d'un pistolet, d'une arbalète (à flèches létales ou anesthésiantes), de pièges à spirales ou de grenades, dont les munitions ne courent vraiment pas les rues. Heureusement, un de vos alliés vous propose, moyennant finances, d'améliorer votre arsenal. Le jeu vous donne plusieurs manières de terminer les différents objectifs : tuer tout ce qui bouge, s'infiltrer, empoisonner, endormir... Pour ma part, j'ai opté essentiellement pour l'infiltration car c'est la façon de jouer la plus gratifiante à mes yeux. Vu que le jeu vous laisse effectuer des sauvegardes à tout moment, la difficulté n'est pas bien élevée en mode normal du moins. Je n'ai pas accroché aux combats au corps à corps qui reposent sur un système de garde pour déstabiliser les ennemis, les combats manquent de pêche et se résument à des successions de blocage/attaque avec le bon timing, mais il faut apprendre également à gérer la foule d'ennemis si vous la jouez bourrin. En fonction de votre style de jeu et du nombre de morts, vous obtiendrez une fin différente et quelques passages du jeu seront affectés car certains personnages ne seront pas présents. Il est tout à fait possible de tuer tout le monde ou au contraire, de ne tuer personne. Ce dernier objectif vous demandera un certain niveau de patience. Les cibles des assassinats peuvent être considérées comme des boss, mais j'ai été surpris (pas forcément en bien) de la facilité avec laquelle on peut les éliminer comme de vulgaires ennemis si on ne se fait pas repérer. Bien que je reprocherais à un titre comme Deus Ex Human Revolution (version basique -non Director's cut-) d'avoir des boss qui ne peuvent être battus que d'une façon, je trouve ici qu'ils manquent d'intérêt car ils peuvent être éliminés facilement, même de manière non léthale. Il suffit d'attendre le bon moment, de passer derrière eux et de les étrangler, et dans la plupart des cas le tour est joué... si ce n'est pour le boss de la 6ème mission qui peut être mis hors d'état de nuire d'une manière plutôt intéressante et qui nécessite d'intéragir avec un PNJ.

 

En plus du choix dans la façon de réaliser vos missions, vous aurez aussi souvent le choix du chemin à emprunter. Désactiver une alarme en piratant le boitier d'alimentation ? C'est possible si vous avez un outil de câblage ! Eteindre les champs de protection électriques ? Pas de problème, infiltrez-vous dans la salle de contrôle, retirez l'alimentation et le tour sera joué. Vous préférez trouver une autre voie ? Passez par les toits ou les égoûts. Il y en a vraiment pour tous les styles. Le jeu emprunte des idées à différents titres comme Deus Ex, mais ne tombe pas dans le simple plagiat. Côté durée de vie, j'ai mis 12h pour ma part pour finir le jeu en mode "Chaos faible" (peu de gens tués) en trainant un peu sur le premier niveau, où j'ai réalisé la majorité des objectifs. J'ai ensuite fini le reste du jeu en quasi ligne droite, sans me soucier de trouver toutes les runes et charmes d'os (qui offrent divers bonus mais on ne peut pas s'équiper de la totalité des charmes en même temps) à trouver dans les niveaux car j'avais déjà les pouvoirs qui m'intéressaient. Il n'est de toute façon pas possible de débloquer l'ensemble des pouvoirs en une seule partie. Faites donc bien votre choix ! Si vous voulez réaliser tous les objectifs, la durée de vie devient alors plus conséquente mais ne devrait pas dépasser la vingtaine d'heures. Des DLC sont disponibles pour continuer encore plus loin si le coeur vous en dit.

L'aspect graphique présente un monde steampunk assez réussi, malgré que je ne sois pas trop fan de la modélisation des personnages. Le jeu est propre, même s'il a un peu vieilli visuellement (il est sorti en 2012 à la base). La cité de Dunwall est un univers dégoûtant et sur cet aspect-là, on peut dire que les développeurs ont réussi leur job. Si vous êtes fan de ce genre d'ambiance, cela devrait vous plaire ! Du côté des musiques, rien de spécial à dire, elles se fondent dans l'ambiance et restent cohérente avec l'action. Les doublages français sont dans le ton. Voilà ce qu'on peut dire en gros de ce titre assez singulier.

Les + / Les -
  • Univers steampunk assez réussi
  • Plusieurs possibilités de réalisation des objectifs
  • Les pouvoirs, intéressants
  • Les personnages, moches
  • Les cibles sont à peine plus intéressantes que les gardes à éliminer
  • Les combats au corps à corps peu amusants
  • L'histoire pas très intéressante
Evaluation
3 Graphismes
3 Bande son
3 Jouabilité
3 Durée de vie
3 Scénario
En résumé

Mes notes peuvent paraître sévères mais pour moi Dishonored est seulement un bon jeu, qui a des bases intéressantes qui méritent d'être développées et améliorées pour en faire une expérience vraiment grisante. J'ai eu du mal à accrocher au début mais je suis quand même satisfait de l'avoir terminé. Si vous recherchez un bon jeu d'infiltration dans un univers steampunk, Dishonored vous conviendra probablement.

3 /5 0
Portrait de Aru
A propos de Aru

J'ai accroché aux jeux vidéo depuis mes 6 ans lorsque j'ai reçu une Megadrive japonaise pour Noël et depuis cette passion ne m'a plus quitté. Devenu adulte et entré dans le monde du travail, j'ai maintenant les moyens pour vivre cette passion à fond. Mon truc c'est de finir le plus de jeux possible (finir = voir la fin, pas atteindre les 100%) ! Je touche à plusieurs genres, du RPG au Visual Novel en passant par les FPS et les jeux de plate-forme. Je ne suis attiré que par les jeux solos :)

Commentaires

Portrait de Lionheart

Bons ptit test, et comme toujours quand c'est un jeu que je connais, j'ai mon lot de remarque x)

En terme de durée de vie, faire les 3 fins (2 en chaos élevé, une en chaos faible). Prend moins de 20 heures oui. Par contre, s'amuser à vouloir tout collecter dasn les niveaux prend bien plus de temps. Ca m'avait plus dans le jeu d'ailleurs de savoir tout l'or que l'on peut avoir sur un niveau.

Dans le test tu parles de boss. Alors c'est vrai que toutes les cibles en elles même peuvent être tuées très facilement, même si certaines sont au combat meilleur que les officiers adverses. Par contre, il faut préciser que pour toute les cibles, il y à la fois une manière léthale spéciale de s'en débarasser, et une manière non léthale spéciale. Parfois amusantes. Aussi, en terme d'ennemi, tu n'as peut être pas du le rencontrer mais il y a un puissant ennemi dans le 6e chapitre qui est immunisé à l'arrêt du temps, et qui est sacrément solide.

Après pour ma part j'y avais joué quelques mois après sa sortie, et j'avais trouvé le jeu généralement amusant mais sans plus. On est pas trop d'accord pour les détails du pourquoi, mais pour l'avis général on a le même.