Brume

Test de Castlevania : Lords of Shadow 2

Par - publié le 27 Mars 2014 à 19h06
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Suite du succès critique et public du reboot de Castlevania, Lords of Shadow 2 fait la part belle au grand méchant Dracula.

Cool, on va enfin pouvoir jouer les méchants ! C'est un peu comme ça qu'on commence sa partie de Lords of Shadow 2, en se disant qu'on va pouvoir boire le sang de tous ces humains pathétiques qui ont le malheur de croiser notre route. L'intro du jeu le permet, mais pour le reste, c'est moins humain mais ça se boit quand même !


Rentrons dans le vif du sujet tout de suite : le scénario de Lords of Shadow 2 reprend des siècles après la fin de Mirror of Fate, (l'épisode charnière sorti sur 3DS, aux qualités discutables comme le test de Hawkeyes l'a démontré). Dracula sort de son sommeil millénaire affaibli et va se retrouver aidé par Zobek pour tenter d'empêcher le retour de Satan sur Terre, comme annoncé dans la fin du premier épisode. De ce côté donc, pas de surprise, on connaît notre objectif. Pour cela il va vous falloir explorer la ville de Castlevania pour retrouver les acolytes de Satan, oeuvrant pour son retour en semant une pagaille monstre.

De cette base le scénario va évoluer doucement, en vous faisant retourner dans un passé où les souvenirs de Dracula et l'intervention de son jeune fils Trevor Belmont vont vous permettre de regagner vos pouvoirs d'antan. Ce parti pris vous fait voyager entre l'époque contemporaine et le passé, dans le château Castlevania, pour avancer. Cette transition deviendra ensuite possible à certains points précis, grâce à un objet remis par Trevor. Là se trouve à mon sens une des forces du jeu : casser la limite du seul château présente depuis Symphony of The Night pour nous permettre d'explorer d'autres lieux. L'époque contemporaine a une ambiance malsaine à souhait (mention spéciale à l'asile de Castlevania), et présente pourtant certains plans à couper le souffle.

C'est pas beau Castlevania en 2014, alors ?

Parlons un peu du gameplay. C'est un élément qui a beaucoup divisé d'après ce qui se lit sur le net. Certains reprochent le fait que Gabriel/Dracula se joue finalement comme dans le premier opus, à quelques détails près. Encore une fois il me semble pourtant que c'est d'une logique incontestable. Gabriel a passé des années à s'entraîner pour maîtriser la croix de combat, et le naturel a repris le dessus lorsqu'il a dû recréer une arme en tant que Dracula. L'on se bat donc à l'aide d'un fouet pour l'arme neutre dotée de combos semblables à ceux de Lords of Shadow 1, car si ça a suffi pour traverser le monde et abroger les créatures de la nuit, ça doit aussi bien marcher sur les humains ! Les deux autres armes utilisables sont une matérialisation des pouvoirs magiques du Seigneur de la Nuit : une épée pour la magie du Néant, et des griffes enflammées pour la magie du Chaos. On se retrouve avec une dualité de styles : aérien et précis pour l'épée, qui a également le pouvoir de geler et absorber la vie des ennemis; brutal et plus animal pour les griffes qui ont le double avantage de permettre de fondre les boucliers ennemis et de frapper plus violemment ses adversaires. L'utilisation de ces deux armes dépend d'une jauge de magie dédiée à chaque arme, magie que l'on peut recharger soit à l'aide des orbes de sang relâchés par les ennemis soit par des fontaines. Attention toutefois, seuls les ennemis anéantis avec le fouet de l'ombre donneront accès à ces précieux orbes. Les deux armes magiques disposent aussi d'un arbre de compétences propres. Enfin, chaque arme est dotée d'un niveau de maîtrise. Suite à l'utilisation (abusive ?) d'un combo, Gabriel finit par le maîtriser, et peut transférer cette maîtrise à l'arme, afin d'en améliorer les dégâts et effets associés.

Le livre de voyage ouvert à la page des compétences du fouet.

En pratique, on se retrouve à spammer certaines attaques pour les maîtriser au plus vite, et transférer tout ça à son arme favorite pour poutrer plus de monde. Voilà ça c'est dit ! Pour le reste, on a à sa disposition des armes secondaires, des reliques puissantes permettant par exemple de disposer de jauges de magie illimitées pendant un temps donné, ou de ralentir le temps, et surtout les pouvoirs vampiriques. Ces derniers sont moins impressionnants que prévu et surtout pas utilisables à volonté. La transformation en rat n'est dispo que si on trouve un portail de l'ombre par exemple. C'est un peu dommage car il aurait été intéressant de pouvoir se transformer pour fuir un combat, ou posséder ses ennemis hors phases d'infiltrations. Ces phases sont d'ailleurs redondantes et un poil abusées. Pour faire simple : les ennemis vous repèrent, vous ne pouvez pas combattre. Soit vous trouvez un portail pour vous transformer en rat, soit vous allez mourir sous les coups des gardes Golgoths. Dommage. D'autant que parfois, la solution pour passer fait un peu appel à la chance. En revanche, il y en a une très bien réalisée avant le combat contre le boss Agreus. Ce dernier peut vous repérer aux sons que vous faites et le sol est parfois tapissé de feuilles mortes. A vous d'être malin et d'utiliser tous vos pouvoirs et le décor pour passer inaperçu. Cette séquence a frustré de nombreux journalistes, mais elle est pourtant bien réalisée et vous donne une certaine liberté dans votre chemin, c'est appréciable !

Pourvu qu'il m'ait pas vu ! Ou entendu !

Restons sur le chapitre des boss : ils sont relativement nombreux et chacun d'entre eux a de la gueule et du répondant. Mais ils ne sont pas non plus surpuissants au point de ne pas pouvoir être battus.

Pour en terminer avec le gameplay, il faut signaler que contrairement au premier opus, ici la caméra est libre et peut être déplacée avec le stick droit de votre manette de prédilection. Loin d'être accessoire, ceci permet de repérer certains secrets bien retors et bien planqués, sans pour autant être une gêne incommensurable lors des combats puisque, de base, elle s'alignera pour vous permettre de voir vos ennemis, ou le plus grand nombre d'entre eux si certains essaient de passer dans votre dos.
 

Bref le jeu est doté de nombreuses qualités. L'exploration est de mise comme toujours, vous permettant de découvrir des upgrades de santé et de magie, ou de nouveaux sacs à reliques, ou des défis retors pour les plus courageux. Les défis Kleidos sont accessibles depuis un point du château, puis du menu pause, et vous permettent de tester vos prouesses au combat dans des configurations et sous des conditions peu avantageuses pour vous. Si vous en sortez vainqueur... ben rien, si ce n'est la satisfaction d'avoir retourné le jeu. C'est pas si mal, mais des récompenses pour améliorer le héros ou optionnelles telles des costumes auraient pu me forcer à m'y attarder plus avant de recommencer le jeu.

Alors comment expliquer les nombreuses critiques négatives lues ici et là... Et bien on le peut par deux ou trois points : premièrement les phases d'infiltrations qui sont pas top top. Sans être non plus ratées, elles sont un peu trop redondantes et n'apportent finalement pas grand chose. D'autant que se retrouver obligé de se planquer comme une fillette alors qu'on est le Seigneur des Ténèbres, ça casse un peu le mythe, il faut le reconnaître. Certains ont aussi pointé du doigt le scénario. Bon je rejoindrais de nombreuses personnes en disant que la fin n'était pas aussi bonne que je l'espérais. Elle ne conclut pas vraiment la série, et j'ai peur qu'on nous annonce un jour un LoS 3. Même si je suis loin d'abhorrer la série, c'est un peu renier le fait que MercurySteam voulait faire seulement trois jeux. Pour le reste je ne rejoins pas les critiques et trouve malgré tout que le scénario est bon. Il explique beaucoup de choses tardivement, mais permet de comprendre le personnage finalement ambigu de Gabriel.

What is a man, but a miserable little pile of secrets ?

Reste que je pense néanmoins que Lords of Shadow 2 aurait pu offrir plus. Plus en terme d'explorations des environnements tout d'abord. Plus en terme de variété dans les ennemis. Et plus enfin dans sa conclusion qui est expéditive. Ceci dit il m'a happé complètement, au point de reléguer le plus "balèze" Lightning Returns complètement. L'ambiance est là. Le jeu est bourré de clins d'oeil à d'autres œuvres (Le parchemin d'un certain E. Stark qui parle de son chef de compagnie Robert dans un environnement faisant penser à un bois sacré par exemple) ou même à d'autres Castlevania, ce qui est plutôt sympathique. Puis finalement si le plaisir de jeu est là, pourquoi se priver ? Mon conseil est de faire fi des autres épisodes de Castlevania et de le considérer uniquement par rapport aux deux autres jeux Lords of Shadow. Dans ce contexte il reste un bon jeu.


Galerie photos
Les + / Les -
  • Une belle ambiance dans les deux environnements
  • Le livre de voyage, magnifique et rempli de belles illustrations (in game, je précise)
  • Les contrôles répondent bien, et on se bat bien très rapidement
  • L'oeuf de dodo, relique qui vous dit où sont les secrets mais pas comment y accéder !
  • La fin du jeu un peu expéditive
  • Des reliques qui ne servent pas à grand-chose pour la plupart
  • Peu de variété dans les ennemis
  • On aurait voulu explorer plus, encore plus !
Evaluation
Graphismes
Le jeu flatte la rétine. Les baisses de framerate sont pour ainsi dire inexistantes, et la plupart des environnements sont inspirés. On se retrouve en revanche avec certains clichés un peu S-F dans les temps modernes, ce qui est un poil dommage.
Musique
Il n'y a pas grand chose à dire de ce côté. Il n'y a aucune musique parfaitement mémorable, mais toutes sont dans l'ambiance. Même constat pour les bruitages.
Jouabilité
On se retrouve rarement à ne pas faire ce que l'on voulait. Les commandes sont fluides et répondent instantanément. La caméra libre s'affole rarement, même dans les couloirs un peu exigus, et offre toujours le plus de lisibilité possible en combat. Les temps de chargement sont déguisés, mais pas trop longs pour autant.
Durée de vie
Il m'aura fallu entre 20 et 25h pour boucler le jeu, secrets inclus, mais sans les défis. Ça reste honnête pour un Beat'em all.
Scénario
Le scénario tient la route, jusqu’à la fin en tout cas. Après il est plus difficile de rester de marbre devant cette fin un peu pauvre. Peut-être témoigne-t-elle des difficultés auxquelles le studio était confronté.
En résumé
Je tiens à justifier deux choses : la note qui est bonne mais pas excellente et le test longuet. Lords of Shadow 2 est un jeu compliqué à évaluer car sur ses épaules reposent 25 ans de jeux grandioses. Il faut cependant accepter que ce Castlevania et le précédent renient la période de Koji Igarashi pour créer une autre mythologie. A ce titre, il raconte son histoire comme il faut, tout en étant distrayant.
16 /20 0
Date de sortie française: 
27/02/2014
Sortie américaine: 
25/02/2014
Éditeur: 
Plateforme: 
Date de sortie française: 
27/02/2014
Sortie américaine: 
25/02/2014
Éditeur: 
Plateforme: 

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Commentaires

Portrait de Anonyme

Bon test.

J'ai pris du plaisir à jouer à ce jeu mais la fin m'a tellement déçu que j'ai décidé de m'arrêter là et de désinstaller le jeu sans compléter les succès ou tenter les DLC. Sérieusement à quoi pensait le studio quand ils ont écrit cette fin ??? elle manque tellement de ... fin.

Portrait de captain_roger

Simon est mort et enterré depuis des lustres dans cet épisode de toutes façons. Et puis non, ça ne me choque plus de ne pas voir systématiquement un Belmont dans les Castlevanias. Order of Ecclesia est un de  mes épisodes préférés et il n'y a aucun "vrai" Belmont dans ce jeu.
Ton gros problème Hawk vient justement du fait que tu ne peux remettre en question les "acquis" de la saga. Ca t'empêche d'apprécier le jeu et c'est dommage !

Portrait de hawkeys

Trés bon test Captain (c'est gentil de penser a moi ^^). C'est vrai que pour ma part, j'ai essayer de jouer sans peser aux 25 ans d'histoire comme tu dis mais j'ai pas reussis, chaque détails illogique ou contradictoire avec la saga originale m'hérrissait innevitablemnt le poil. Je l'ai pas encore fini mais je suis bien d'accord avec ton jugement concernant les qualités graphiques, la musique et les bruitages d'ambiance mais surtout, je te tire mon chapeau pour l'evaluation du scenario. c'est vraiment pas evident quand t'es fan de Castlevnia dés la 1ere heure. Ah oui, ca t'a pas choquer de plus voir Simon?