Test de The Last Story

Genre: 
Année de sortie: 
2011
Éditeur / Développeur: 
Plateforme: 
Par - publié le 15 Novembre 2017 à 17h29
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The Last Story, sorti en 2011, fut un jeu très attendu par la critique. Au cours de ce test, nous verrons si les très bonnes critiques qu'il a reçu sont méritées ou non

2004. Hironobu Sakaguchi, lassé de travailler avec Square Enix, décide, avec l'appui financier de Microsoft, de monter son propre studio, Mistwalker. Son but avoué est de créer des jeux aux forts accents d'Heroic Fantasy. The Last Story, sorti en 2011, ne fait pas exception, et le cast fait rêver. Sakaguchi en tant que réalisateur, Nobuo Uematsu a la composition de la bande son, et Kimihiko Fujisaka, chara designer de la série Drakengard notamment, au chara design. Ça sent bon les anciens Final Fantasy, et on se prend a rêver.

Les 1eres minutes de The Last Story donnent le ton. Passé l'intro, tu es direct lancé dans le bain, dans une grotte remplie de Reptides (des reptiles humanoïdes, quoi), sans demander ton reste. Intro parfaite pour t'apprendre a jouer. Tu contrôles un groupe de mercenaires, constitué de gens avec différentes ambitions et caractères.

 

 

Tu contrôle Zael, orphelin depuis l'enfance, qui a toujours suivi Dagran et rêve de devenir chevalier un jour pour ne plus avoir a être mercenaire. Dagran, le leader du groupe de mercenaires, est un combattant respecté pour ses très grandes capacités au combat, et doté d'une ambition dévorante qui le pousse a faire les pires sacrifices pour (dans son esprit) l’intérêt de Zael et des autres membres du groupe.

A côté d'eux deux, le reste des personnages est tout aussi haut en couleur. De Syrenne, femme forte au combat, qui n'hésite pas a dire ce qu'elle pense avec un langage souvent très fleuri, a Mirania, jeune femme mystérieuse et timide aimant visiblement les forêts

De Lowell, parfait archétype de l'homme bien sur lui avec un soupçon de je m'en foutisme, coureur de jupons avéré, a Yurick, le plus jeune de la bande, mage très talentueux qui ne s’embarrasse pas de frivolités et ne parle pas plus que nécessaire. Le tout donne un groupe soudé, dont on prend plaisir a suivre les discussions et la vie quotidienne

Nous contrôlons donc Zael (et seulement lui, excepté quelques rares parties du jeu), qui récupère bien vite un pouvoir très important autour duquel tournera toute l'histoire. En effet, nous découvrons que Zael peut maîtriser ce que l'on appelle « l’Électromagnétisme ». Grâce a une simple pression d'un bouton de la Wiimote, une aura bleue électrique apparaît autour de Zael, qui attire obligatoirement l'attention de tout les ennemis autour. Grâce a ceci, tout les ennemis sont attirés vers lui, et il débloque d'autres effets au cours du jeu (il peut décharger par exemple toute l'énergie accumulée pour ralentir ou carrément stopper les ennemis)

 

Le gameplay, très tactique et nerveux, tourne en grande partie autour de la capacité de Zael a capter l'attention des ennemis. En se cachant alors que leur attention est prise, vous pouvez désorienter vos adversaires et ainsi les surprendre avec des capacités soit offensives, soit de soutien/tactiques. Les autres combattants de votre groupe sont gérés par l'IA, qui, n'hésitons pas a le dire, est l'une des toutes meilleures IA que j'ai pu voir de toute ma vie. En effet, quand vous avez percé a jour le point faible de l'ennemi (grâce a l'arbalète, qui est plus une arme tactique que de DPS) vos coéquipiers gérés par l'IA n'hésitent pas a l'utiliser pour se garantir la victoire, et te disent même quoi faire

Le but de Zael est donc de capter l'attention des ennemis pour permettre aux autres de faire ce qu'il faut pour se garantir la victoire. Ceci est particulièrement vrai pour les mages (offensifs et soigneurs). Les conditions de victoires dépendant TRES souvent d'eux, les mages pour lancer leurs sorts ont un temps d'invocation très long (souvent plus de 30 secondes) et bien sûr sont déconcentrés s'ils se prennent une attaque durant leur temps de charge. De plus, quand leurs sorts se lancent, un cercle lumineux apparaît ou le sort a été lancé. Zael possède une capacité, nommé « Tornade », très tactique, qui permet de disperser les cercles lumineux et ainsi donner un buff (amélioration d'une ou plusieurs stats, regain de vie) a notre groupe, ou un débuff (infliction d'un statut particulier) aux ennemis.

Et de ceci découle le plus gros reproche que l'on puisse probablement faire au jeu. The Last Story est un jeu qui se veut très ambitieux pour une Wii en fin de vie. Ainsi, la Wii supporte très difficilement la profusion d'effets lumineux qu'il peut y avoir a la fin du jeu, et ce au détriment de la fluidité. En effet, de TRES fortes chutes de framerate sont a prévoir si vous jouez a ce jeu, certains combats se feront par moment en moins de 10 FPS. Petite pensée pour ces très nombreuses Wii qui ont rendu l'âme en ne reussissant pas a faire tourner le jeu.

 

 

 

Pour l'histoire, voyons ceci plus en détail. L'aventure se passe sur l'île de Lazulis, île dirigée par le comte Arganan, frère du roi légitime. L'île vit depuis plusieurs années dans une relative tranquillité, troublée seulement par quelques raids de Reptides, car les Guraks, ennemis héréditaires des hommes, ont été exilés il y a longtemps.

Seulement, le fait que l’Électromagnétisme fasse de Zael son légataire remet en cause cet état de paix. Le quotidien de Zael et son groupe va être chamboulé, passant de simple mercenaire a Chevalier de l'ïle, qui va lui permettre de rencontrer Calista, une noble mystérieuse, ainsi que le Général Asthar, 1er Chevalier, et son second, Therius.

L'histoire, bien que relativement classique (jeune inconnu découvre un pouvoir ancestral et entame sa quête initiatique ou il rencontrera plein de gens qui le guideront), n'est pas pour autant mauvaise, loin de la. Par le biais de l'histoire, on voit une critique permanente des personnes haut placées, on voit que le plus fort n'est pas forcément le plus juste mais que c'est la force brute qui gagne, et on apprend que avoir de très hautes ambitions peut parfois nous pousser a commettre l'irréparable. Des thèmes pas forcément abordés tout le temps, ponctué d'une histoire d'amour principale entrelacée de quelques autres. Ce n'est pas forcément au goût de tous, mais ça a marché sur moi et c'est ce qui fait que j'adule le jeu encore des années après sa sortie

La musique, parlons en. Composée par Nobuo Uematsu, certaines personnes trouvent que son travail sur ce jeu est le plus oubliable de sa carrière. Personnellement, la musique a joué un très grand rôle dans mon amour de ce jeu. On sent la patte du Maître dans ce boulot, les violons donnent le ola au piano, et le résultat est souvent grandiose, par moments oppressant, rarement mélancolique et souvent résolument triste.

Les + / Les -
  • Son gameplay, très tactique
  • Ses musiques, parfaitement bien accordées au jeu
  • Son scénario, plus riche qu'il n'y paraît
  • L'optimisation globale du jeu, absolument mauvaise
  • ....son scénario, qui peut hélas sembler classique et sans prise de risque
  • La sous exploitation de certains persos, que l'on aurait aimé plus connaître
Evaluation
3 Graphismes
4 Bande son
3 Jouabilité
3 Durée de vie
3 Scénario
En résumé

Finalement, The Last Story est un jeu qui partage. L'on peut lui reprocher -a raison- un scénario trop classique et pas assez novateur, en plus d'une optimisation qui est, n'ayons pas peur des mots, totalement aux fraises. Sur beaucoup, la magie n'opérera pas, et ça donnera pour eux un jeu totalement oubliable. En contrepartie, si, comme pour moi, la magie opère, ça donne un jeu très difficile a oublier tant on est charmé et pris.

4 /5 0

Commentaires

Portrait de Wolvesrealm

Alors, Dookie, j'suis absolument d'accord avec toi !

C'est court mais relativement intense, a la fin du jeu tu es quand même relativement rincé c'est un format qui me plaît bien. Le gameplay est original mais ça prend bien en soi.

Et oui, l'OST me plaît tellement moi x)

Portrait de DooKie

Tiens hier, je me suis remis la soundtrack de Last Story. Y a quand même de superbes thèmes. Surtout ce petit moment du thème :

Portrait de DooKie

J'ai bien aimé ce jeu, vraiment !
Court mais intense. La durée de vie n'excède pas 20H, ce qui peut paraître court pour un jeu de l'ex-team FF !
Après l'avoir fini je me suis dit "En fait c'est comme un Final Fantasy, mais en miniature".
Le scénario est très classique, mais on se laisse volontiers accrocher.
Graphiquement, ça aurait pu être vraiment cool si la Wii avait un peu plus de patate sous le capot.

J'avais bien aimé les combats aussi, qui étaient somme toute plutôt dynamiques tout en gardant une part de technicité.

Ce que j'ai pas aimé par contre, c'est cet aspect faussement "adulte". On a l'impression que les personnages s'efforcent d'avoir un comportement "pour plaire à un public mature". Mais pour avoir fait ce jeu juste après The Witcher 3, bah... ça sonne faux.

Mais bref, je me le referai volontiers un de ces jours

Portrait de Wolvesrealm

J'ai hésité entre le 3 et le 4. Si je m'écoutais, je lui mettrais un 3,6 ou 3,7 en fait

Portrait de Aru

Je voulais l'aimer ce jeu, après un Lost Odyssey du tonnerre qui reste le dernier grand RPG de Sakaguchi pour moi, mais Last Story est un peu bancal sur plein de points et l'OST est pour moi la pire de toutes les OST d'Uematsu

J'lui mettrais 3/5.