Et une théière !

Par - publié le 06 Novembre 2010 à 15h58
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Mesdames (s'il y en a), mesdemoiselles, mesneutres et messieurs, les productions "illaproduit & Elennafait" sont fières de vous présenter... Et une théière ! Bonne lecture ! Cela se passe dans l'univers de Secret of Mana.

Elle dominerait le monde un jour. 

Elle en avait la certitude. 

Le problème, c'était le « un jour ». Ce pouvait être dans longtemps. C'était embêtant. Et ce n'était pas avec son équipe de bras cassés qu'elle y parviendrait, mais elle n'avait guère mieux sous la main. Pour le moment. 

Enfin, si, elle avait quelque chose de mieux sous la main : son verre. C'était son meilleur ami, toujours présent au comptoir du premier bar venu, bien plus fiable que ses associés. Au moins, on savait à quoi s'attendre avec le verre. La seule mauvaise surprise qu'il pouvait vous réserver, c'était d'être vide. Mais la solution était des plus simples : il suffisait de le remplir à nouveau et tout allait bien. En plus, un verre vide ne causait jamais de dommages collatéraux. 

Ce qui lui fallait, c'était... un autre verre pour commencer. Ensuite, il lui faudrait un plan. Un vrai. Un qui n'aurait pas mille et une raisons d'échouer. Qui ne couterait pas mille et une fortunes qu'elle n'avait mille et une fois pas de toute façon. Un plan... Pas comme tous ceux qu'elle avait pu tester jusque là. 

Et tandis qu'elle réfléchissait, avachie sur son comptoir, à une nouvelle façon géniale de conquérir le monde, ses deux équipiers entrèrent presque en défonçant la porte de la taverne, foncèrent sur elle, et brandissant un rouleau de papier vieilli, ils s'exclamèrent : 

-Boss ! On a trouvé une carte au trésor ! On va pouvoir renflouer les caisses ! 

Avec un soupir, elle se tourna vers les deux arrivants. Ils étaient serviables, enthousiastes, voire parfois zélés, et doués pour toute mécanique autre que celle de leurs propres neurones. Elle demanda d'un ton sceptique : 

-Une carte au trésor. Vraiment ? 

-Oui, boss ! 

-Une vraie carte, avec de vrais heu... trucs de carte dessus, et la croix pour le trésor et tout ! 

Elle soupira à nouveau. Elle savait qu'elle regretterait la réponse, mais demanda quand même : 

-Et vous l'avez trouvée où ? 

Enthousiastes, ils répondirent : 

-On l'a achetée chez un marchand-aventurier ! Il a plein de trucs pour les aventuriers ! 

-Ne me dites pas que c'est chez cet arnaqueur de chat !? 

Encore une fois, elle sut à l'avance que la réponse ne lui plairait pas. 

-Si, boss ! Même qu'il nous a fait une promotion ! 

Une promotion. Quels idiots. Ce charlatan était toujours là où il fallait pour charnaquer les aventuriers de passage, et même les aventuriers qui ne passaient pas. 

Bon. Il allait encore falloir leur expliquer... D'un geste sec, elle posa son am... son verre sur le zinc, se leva et se tourna vers eux d'un air féroce et menaçant. 

-Biggs, Wedge... Combien vous avez payé ça ? 

Les deux eurent une hésitation. Quand leur cheftaine se mettait en colère, c'était qu'ils avaient commis une erreur quelque part. Cela impliquait que ça allait chauffer pour eux. Ils n'étaient pas des lumières, mais ils disposaient d'un peu d'instinct de survie. 

-Les cartes aux trésor, ça se trouve dans des coffres, au fond des donjons, dans des grottes, au fond de la mer, ou entre les mains des pirates, mais certainement pas chez une espèce de félidé propulsé par une pompe à fric ! Sérieusement, qu'est-ce que vous aviez en tête !? On veut dominer le monde, pas partir pêcher des vieux coffres miteux remplis de moisissure ! Vous pouvez me dire ce qu'on va faire de ça maintenant !? 

Terrorisé, l'un d'eux osa quand même une réponse. 

-Ben... Partir chercher le trésor ? 

-Et qu'est-ce qui te fait croire que ce trésor existe !? 

-Be-en... Parce qu'il y a une carte qui l'indique ? 

Patiemment, avec un soupir qui atteignait des dimensions artistiques, elle persiffla : 

-Et tu n'as pas pensé l'espace d'une seconde que cette carte puisse être fausse ? 

Les deux autres voulurent se faire encore plus petits. 

-J'ai surtout pensé, l'espace d'une seconde, boss, que ça pourrait renflouer un peu les caisses de l'armée Scorpio... 

-ON NE RENFLOUE PAS LES CAISSES EN LES VIDANT ! C'EST CLAIR !? 

Tant d'incompétence, c'en était désespérant. Pourquoi est-ce qu'elle ne pouvait pas avoir le droit à de vrais sbires, comme l'autre cinglé psychopathe qui dirigeait l'empire ? Lui au moins, il avait réussi dans sa carrière... 

Qu'est-ce qu'elle avait fait pour mériter ça ? Bon,d'accord, elle s'était associée à ces deux guignols. Mais ce n'était que des bons à rien ! Bon, ils se défendaient en mécanique, c'était vrai... Mais sérieusement, comment pouvait-on construire des machines de génie, du bateau à propulsion au grille-pain en passant par l'automate tueur, comment pouvait-on rendre possible le rêve d'aller sous l'eau et même sous terre, et dans le même temps être incapable de se souvenir qu'une horripilante boule de poil mauve vous extorquait votre fric à chaque rencontre ou presque ? 

Le problème immédiat, c'était ce qu'ils allaient faire de ce truc maintenant qu'ils l'avaient acquis. Ils auraient sans doute un mal fou pour le revendre, n'ayant ni le talent ni la perfidie du cha-mbulant pour arnaquer les gens. D'un geste brutal elle l'arracha de la main de son coéquipier, et le déroula. Bon, ce truc n'était pas trop mal dessiné. Et ressemblait à une carte au trésor, d'après ce qu'elle en savait. 

Grrr, quand elle croiserait cette espèce de chat de gouttière, elle le castrerait et... Mais, maintenant qu'elle y pensait, depuis quand cette sale bête vendait des cartes au trésor ? Il vendait toujours un tas de trucs, chers, mais... 

Une pensée se mit insidieusement à envahir son esprit. Il entourloupait les aventuriers suicidaires, et autres explorateurs ayant la même espérance de vie d'une cuiller dans une forge, mais il vendait généralement du bon matériel. Il le vendait juste horriblement cher. Alors si ça se trouvait, cette carte... 

-Bon ok, bande d'idiots, on met les voiles. 

-Houba houba, Boss ! Où on va ? 

Elle ne pouvait pas répondre « chercher le trésor ». Pas après avoir douté de son existence. 

-On va aller voir si ce trésor existe. C'est encore le mieux qu'on puisse faire de ce truc, non ? 

En chœur, il répondirent : 

-Oui, Boss ! 

Et c'était reparti. Les affaires ne reprenaient pas vraiment, mais au moins, ils savaient quoi faire, à défaut d'avoir un plan. 


La carte les mena jusque dans le Haut Pays, dans la forêt des champignons non loin de Bolet. 

Cette forêt se situait aux alentours du village des myconides, et était le lieu de vie de nombreux champignons qui avaient décidé de renier l'autorité du roi Truffe. 

Le roi n'était pas nécessairement un mauvais roi, il était juste casse-pieds. Et quand on en n'avait qu'un seul, autant dire que la moutarde lui montait facilement au chapeau, et les champignons n'aimaient pas non plus la moutarde. Elle leur évoquait l'image d'un bon steack accompagné de... Arg, vision d'horreur. 

Et un jour, un type avait débarqué et les avait incités à la révolution. Et curieusement, beaucoup de Fungi l'avait écouté, car il leur était plus facile d'écouter un envoyé de l'empereur maléfique mondial susceptible de les exploser, de les découper en lamelle et de les faire frire, que de... se faire exploser, découper en lamelle et frire, justement. 

Les dragons de la caverne d'à côté avait vu leur espérance de vie considérablement écourtée, alors quelle chance auraient-ils pu avoir, eux, pauvres petits myconides de leur état ? 

Et puis, quand quelqu'un vous proposait de pourrir la vie des humains qui avaient pendant des siècles cherché à vous ajouter à leur assiette, c'était toujours tentant, quoiqu'on en dise. 

Cette forêt était donc envahie par ces gens là, et par les quelques dragounets violets du Haut Pays, une bande de planqués qui voletaient toute la journée et se cachaient dès qu'ils croisaient un truc qui sortait un peu de l'ordinaire. Quand on s'était fait exterminer sans raison apparente, on devenait un peu peureux. 

Elle abritait aussi quelques Ibouh, des oiseaux vraiment pas fréquentables, frustrés parce qu'on ne leur avait pas donné voix au chapitre de la création Mana et s'estimaient s'être fait avoir en beauté : des ailes trop petites, un habitat dans lequel ils ne pouvaient pas se fondre, et une nourriture qui relevait plus de la toupie hystérique affublée d'épines que du gentil ver inoffensif. Voilà pourquoi ils avaient appris le sort silence et le balançaient sur tout ce qui avait le malheur de passer par là, avant d'essayer de le picorer méchamment, des fois que ce soit plus comestible que les Rampans. 

Et c'était a peu près tout ce qu'on pouvait trouver là. 

Sauf ce jour-là, où on pouvait également observer deux magnifiques spécimens de bellus scorpius, genre crétinus, et une femelle apparentée à la famille des hurlantae. 

Cette dernière se demandait pourquoi elle était venue ici, pourquoi elle était encore avec ces deux crétins, pourquoi elle était allergique aux plumes, et surtout pourquoi ces foutus piafs psychédéliques ne pouvaient pas se faire exploser gentiment sans en mettre partout. 

Péniblement, ils avançaient dans cette forêt en écrasant un monstre toutes les trois secondes. 

Soudain, ce fut un myconide qui se mit en chapeau de les agresser. Il sauta en travers de leur route... 

-Boss ! Champi-mignon droit devant ! 

-On s'en fout, Biggs, écrase-le. 

La pauvre créature vit alors un immense pied mécanique s'abaisser droit sur lui. Un immense pied mécanique, rattachée à une machine encore plus immense, qui avançait... non, titubait sur quatre pattes métalliques, et dont le corps constitué d'une grosse boule et d'un œil sifflait, vrombissait et crachait de la fumée par certains interstices. Rien qu'à la voir, on avait une envie irrépressible de s'en éloigner avant le gros BOUM qui semblait devoir arriver d'un moment à l'autre. 

Tremblant on vit apparaître sous le champignon une tache lactée sporeuse, et l'instant d'après, on vit disparaître le lactaire sporeux dans le sol. 

-Boss, on aurait pu essayer de l'enrôler ! 

-Dis pas n'importe quoi Wedge, on a pas besoin d'un champignon de compagnie, ca perd ses spores partout, et qui c'est qui nettoie le vaisseau après ? 

-Be-en... c'est nous, Boss. 

-Très juste. Alors la réponse est encore plus non. 

-Boss, il y en a un autre ! 

-Boss, on pourrait... 

-Nan. Explose-le. 

La plantiole n'eut pas le temps de comprendre. Il y eu un rayon laser qui la dégomma, en même temps que quelques rochers qui dépassaient et un arbre. Et ainsi, l'amée scorpio se fraya un chemin à travers la jungle hostile et dangereuse. 

Jusqu'au moment où... 

-Boss ? 

-Non, on ne l'adoptera pas ! 

-Non, ce n'est pas ce que je... 

-Non, on ne le mangera pas. 

-Mais, non, je.. 

-Dans ce cas, c'est non. On ne jouera pas à la toupie avec. 

-Ce que j'allais dire... 

Il n'eut pas le temps de le dire. Soudain leur machine s'arrêta, siffla un peu plus intensément, puis il y eu un grand BOUM ! (Mais peut-être était-ce plus un BANG ? ) Et ce fut tout. 

Quelques secondes s'écoulèrent où les trois compagnons regardèrent leur engin d'un air effrayé, puis celui-ci tomba sur le sol en pièce détachée. La Boss sentait son cœur battre la chamade. Au moins, ce coup-ci, la machine n'avait pas explosé en défonçant la moitié de leur vaisseau. Ils avaient eu chaud. Parce que cette fois ci, c'est eux qui aurait été défoncé. 

-Qu'est-ce qui s'est passé ? Qu'est-ce qui s'est passé ? 

-J'allais dire qu'il y a un truc bizarre avec la machine. 

L'un des deux idiots qui la suivait s'approcha et contempla les débris. 

-Oh, c'est la courroie... A force de chauffer, elle a cédé, et est allée taper contre ce rouage, qui a sauté et est allé percuter cette pièce là, voyez Boss, qui s'est décalée, du coup elle ne soutenait plus celle-ci et... 

-C'est bon j'ai compris... 

Ils étaient dans la m... , tout en venant de la voir s'effondrer. Bon, et maintenant ? Pas question de faire demi-tour. Pas après être arrivés aussi loin. Le trésor était tout près ! Il faudrait continuer coûte que... continuer ou fuir. Ils étaient assez doué dans ce dernier domaine, mine de rien... 

-Boss, on fait quoi ? 

-On continue. 

-Maiiis, Boss ! On ne peut pas laisser tout ce matériel ici ! 

Biggs et Wedge la regardèrent avec des yeux embués. Pour ces génies de la mécanique, abandonner tout ce fourbi était un gâchis innommable. 

-On le récupérera après. 

-Et si quelqu'un nous le vole ? 

Ça, c'était le pompon. 

-TU T'ES DEJA FAIT VOLE AVEC CETTE FOUTUE CARTE ! ALORS MAINTENANT ON CONTINUE ! PERSONNE NE PASSE ICI, PERSONNE NE VIENDRA PRENDRE TOUT CE FATRAS DE... TRUCS... MACHINS... INUTILE, C'EST CLAIR ? 

Vu l'expression de cet ahuri, ça ne l'était visiblement pas. 

-Prends donc tout ce bordel si ça te chante, et si tu arrives à le porter, on a un trésor à trouver ! 

Sur ce elle tourna les talons (aiguille) et continua. Du moins, elle voulut continuer, mais les deux crétins restèrent plantés là, à contempler le tas de feraille. 

-Qu'est-ce que vous faites ? 

-Paix à notre Super Mega Destroyer Mortel VIII. 

-Paix à lui. On pourrait essayer de le remonter ? 

-On pourrait... 

Ohlala. Ça sentait les ennuis. Ils pouvaient en avoir pour un moment, et elle ne tenait pas spécialement à rester ici ce moment. Pas avec tout ces emplumés, ensporés et empiqués qui trainaient dans le coin. 

-Attendez là, vous plaisantez ! On a pas le temps pour ça ! 

-Mais comme ça il pourra remarcher, et on pourra l'emmener avec nous ! 

-Et comment vous comptez le remonter !? Vos outils sont restés sur le vaisseau ! 

Ils parurent réfléchir une seconde. 

-Oh, c'est vrai. 

-On va devoir le remonter à la main, alors... 

-Ce sera juste un peu plus long. 

Et m... credi. 

-CERTAINEMENT PAS ! 

-Mais il va rouiller si on le laisse là ! 

Mais ce n'était pas en hurlant qu'elle allait les convaincre... Il ne restait qu'une solution. Pas la meilleure, mais elle avait du piquant. 

-Écoutez, quand on aura trouvé le trésor, on achètera... heu... une brouette, et vous pourrez le ramener sur le vaisseau. Mais plus on attend pour aller acheter la brouette, plus il aura des chances de rouiller. Alors faut... qu'on... se... dépêche ! 

Elle avait agrémenté ces trois derniers mots de bons coups de talons dans le derrière. 


Fort heureusement, elle avait insisté pour prendre les arbalètes améliorées qu'ils avaient conçus et qui ne lançaient rien de moins que des poireaux, mais elle avait eu l'idée géniale de remplacer les légumes par des trucs plus solides et plus pointus. Ils avaient donc des arbalètes qui lançaient des flèches d'un calibre encore jamais égalé. Quant à elle, elle préférait la fabuleuse invention qu'ils avaient à l'origine conçu pour couper des arbres. Elle trouvait que cet engin avait de la classe, elle aimait son ronronnement, les courbes gracieuses de sa chaine... Mais elle aimait aussi son fouet, sa première arme, celle avec laquelle elle avait fait ses débuts... Aussi n'eurent-ils pas trop de mal à continuer de se frayer un chemin. Et enfin, après avoir exterminé plusieurs monstres, -qu'ils n'adopteraient certainement pas, en quelle langue faut-il le dire ?- ils arrivèrent au lieu indiqué par la carte. 

Celle-ci indiquait que le trésor se trouvait au pied d'un immense rocher aux formes évocatrices. 

-Bon, ca devrait être enterré là. Allez, au boulot ! 

-Houba, houba, Boss ! Qu'est-ce qu'on doit faire? 

-Creusez ! Allez, hop ! 

Mais il ne firent rien. 

-Qu'est-ce qu'il y a encore ? 

-C'est à dire, que... 

-On a rien pour creuser. 

Elle ne répondit rien, mais les assassina du regard. Gênés, ils ajoutèrent : 

-C'est à dire que, voyez, Boss, c'était le Super Mega Destroyeur Mortel VIII qui avait une foreuse... 

Nouveau silence de plomb. Si seulement elle pouvait utiliser ce plomb-là pour leur taper dessus... Encore une fois il lui faudrait improviser pour déterrer le trésor... 

-Pas de problème. Vous avez des dents ? Creusez avec. 

Les deux autres la regardèrent, horrifiés. 

-Ne me regardez pas comme ça. Vous n'aviez qu'à construire un truc plus solide. 

Ils continuèrent de la regarder avec des yeux de merlan frit. Et voilà, il lui fallait encore trouver un plan de secours. A force, elle était devenue maître dans l'art d'improviser des plans foireux pour se sortir des plans avortés. 

-Videz vos paquetages. 

Ne comprenant certainement pas, mais redoutant une nouvelle crise de nerf de leur dirigeante, les deux sbires s'exécutèrent. Elle les fouilla rapidement puis leur tendit à chacun deux objets. Ils les prirent, les regardèrent avec l'air ahuri dont ils avaient le secret. 

-Creusez avec ça. 

-Mais... Ce sont nos cuillères... 

-Sinon vous êtes privés de dessert ! 

La menace eut l'air de fonctionner, car ils commencèrent à retourner la terre avec leurs ustensiles. Ils creusèrent un moment. Ils creusèrent longtemps. Ils firent un trou énorme. Ils commençaient à désespérer, lorsque soudain, le couvert toucha quelque chose de dur qui rendit un son creux. 

Péniblement, ils finirent par extirper un coffre. 

Un vieux coffre en bois. Avec un vieux cadenas rouillé. Ah, évidemment. Ils n'avaient rien prévu pour dégager le cadenas. Ils sacrifièrent donc une noble fourchette à cette cause, mais n'obtinrent aucun résultat. La Boss accepta même de se séparer d'une des épingles qui maintenaient en place sa coupe de cheveux extravagante et assortie à son style vestimentaire. En vain. 

Finalement, un bon coup de talon régla le problème. C'était fou ce qu'on pouvait faire avec un coup de talon-aiguille bien placé. 

Le coffre ne renfermait qu'un unique objet, et une note. Les deux crétins étaient émerveillés. La Boss prit le papier et le lut : 

-Ici est enfermé le légendaire Pot aux Larmes. On dit que ce récipient contient toutes les larmes de... 

De rage, la Boss froissa le papier et le jeta. 

-C'EST QUOI CETTE ARNAQUE !? 

-Boss, c'est un trésor ! Il y avait vraiment un trésor ! 

-C'EST UNE THEIERE ! ON A FAIT TOUT CA POUR UNE MALHEUREUSE THEIERE ! TU PEUX ME DIRE CE QU'ON PEUT FAIRE D'UNE THEIERE !? 

L'autre répondit, avec sa candeur naturelle : 

-Ben... Prendre le thé ? 

-REDIS ENCORE CA ET JE TE MASSACRE A COUP DE TRONCONNEUSE ! 


Un certain temps et une brouette plus tard, les deux sbires avaient récupéré leur engin défunt. Ils avaient acheté du matériel, l'avait reconstruit, amélioré, et ils en était fiers. Ils lui avaient même donné l'apparence de leur Boss bien-aimée. Biggs fut fier de le lui montrer. 

-Alors, Boss ? 

-Je reconnais, il a de la classe ! J'aime bien sa tronçonneuse. Bonne idée les marteaux... 

-Ben, en fait, c'est parce qu'on pouvait pas lui mettre des talons aiguilles. 

-Encore heureux ! Et si vous retouchez à mes chaussures, je le teste sur vous ! 

Tout fier de lui, Wedge ajouta : 

-On va l'appeler le Super Mega Giga Destroyeur Mortel XIX ! 

La Boss réfléchit. Il fallait vraiment faire quelque chose avec ces noms idiots. On s'y perdait dans les chiffres, et ça manquait de charisme. 

-Nan. Il faut lui donner un autre nom. Pour qu'il ne connaisse pas le même destin que ces prédécesseurs, voyez ? 

-Oh. Dans ce cas, on va l'appeler Super Mega Giga Destructeur Marteleur Tronconneur I ! 

La Boss n'eut besoin que d'un regard pour lui faire comprendre que la réponse était non, et qu'il ferait désormais mieux de la fermer. Il lui faudrait un meilleur nom que ça. Un truc symbolique, qui ait de la gueule et... Un truc qui rappellerait sa fabrication... 

-On va l'appeler... THEIERA !

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