Test de Suikoden V

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Par - publié le 25 Juillet 2009 à 01h56
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Suikoden V. Ce nom, qui m'était avant totalement inconnu, m'évoque maintenant un des meilleurs RPG auxquels il m'ait été donné de jouer. Un univers maîtrisé, des personnages charismatiques, un gameplay simple et solide et surtout un scénario des plus réussis, tels sont les ingrédients de ce Suikoden. Mais pour en savoir plus c'est dans la suite que ça se passe.

Synopsis

Nous sommes transportés dans le Royaume de Faléna bercé par le fleuve de la Feitas et béni par la rune Solaire. Faléna est régit par un système matriarcal, seules les femmes peuvent être Reine, leur mari prenant le rôle de Commandant des Chevaliers de la Reine, l'élite des soldats du Royaume.

Deux ans avant le début de notre aventure, ce royaume pacifique fut secoué par la révolte d'une ville, Lordlake, obligeant la Reine Arshtat à utiliser la puissance de la rune Solaire.

Aujourd'hui un navire sous les ordres de la Reine Arshtat parcourt le monde afin de connaître les conséquences de cette révolte. Dans ce navire se trouve un jeune homme dont le destin changera le cours de l'histoire. Ce jeune homme n'est autre que le prince de Faléna.

Beuh, c'est un vieux jeu ça non ?

Non non pas vraiment toi qui lit ces lignes, mais commençons par le commencement, et par, comme ta remarque le prouve, ce qui frappe en premier dans Suikoden V, à savoir les graphismes. 
S'il y a un point qui peut gêner dans ce jeu, ou du moins dérouter, c'est bien les graphismes. 
Pourquoi? Tout simplement parce qu'ils sont quelques peu désuets. Une 3D qui fait penser à de la 2D, du fait du point de vue en plongée orienté nord-ouest (non, non, ne sortez pas votre boussole, nord-ouest ! Où je vais chercher tout ça moi ?). 
Ce point de vue n'arrange pas réellement les phases d'exploration des villes, il arrive souvent de se retrouver à appuyer frénétiquement sur la croix de notre pad afin d'ouvrir un hypothétique coffre placé dans un angle mort (par exemple derrière un mur). 
Notons ici la possibilité de zoomer deux fois. Possibilité que je n'ai pas trouvée très utile (peut-être est-ce parce que je l'ai découverte tard ?).
De ce fait, en phase d'exploration les personnages ne sont pas très détaillés. 
Cependant, l'univers plutôt coloré couplé à ces graphismes donne à l'ensemble un charme indéniable au point que l'on en vient à se demander si le jeu aurait été plus beau avec les graphismes d'un FFX.

Ho non, il ne parle pas !

Passons aux personnages, si vous le voulez bien. Le character design est très réussi, donnant une multitude de personnages tous plus attachants les uns que les autres. Seul le costume du héros que l'ont peut voir sur la jaquette du jeu est un peu trop androgyne (je me suis d'ailleurs demandé en le voyant si ce n'était pas une jeune fille), mais là encore, cela dépend des goûts. 
Attention toutefois, le prince ne parle pas. Non, ne vous inquiétez pas, rien à voir avec le héros de DQVIII, pantin muet au charisme d'endive (ceci est bien entendu ce qu'on appelle communément un troll, dont l'aspect gratuit ne vous aura pas échappé). Le prince peut faire des choix, répondre à des questions, bref un mix réussi entre le pantin sans vie et le héros qui parle pour ne rien dire. Au final c'est même un très bon point, facilitant l'immersion et l'identification au personnage, sans pour autant donner l'impression de subir l'histoire avec un héros totalement étranger à ce qui se passe autour de lui (cf DQVIII une fois de plus).

Dallas, ton univers impitoyable

Le scénario commence lentement, voire très lentement. Une introduction d'une bonne dizaine d'heures pour poser les bases de cet univers, les us et coutumes, la culture, etc., afin de bien rentrer dans l'ambiance, se familiariser avec ce monde, et ses habitants. Puis vous aurez droit au premier grand rebondissement de l'aventure. Après cela, c'est parti, le jeu prend son rythme de croisière distillant à merveille renversements de situation, trahisons, complots, et j'en passe. 
On ne s'ennuie pas, c'est déjà un bon point, mais le scénario se tient et est très bien mené, et en définitive on est happé par l'aventure.

"Good! Now we can fight as warriors!"

Venons-en à un point important dans un rpg, à savoir comment on fait la bagarre. Le système de combat offre la possibilité de jouer à 6 personnages que vous pourrez positionner suivant différentes formations que vous obtiendrez au fur et à mesure de l'aventure. A part cela, le système est simple, un tour par tour que les habitués n'auront pas de mal à prendre en main. 
Notons que le jeu offre la possibilité d'avoir 10 personnages dans son équipe, 6 titulaires et 4 remplaçants (oui analogie sportive quand tu nous tiens). De ce fait on a pendant les combats la possibilité d'échanger un personnage contre un autre, afin d'adapter sa stratégie au vilain d'en face. 
Attention cependant, certains personnages ne sont là qu'en soutien, ils ne peuvent prendre part au combat, mais peuvent gratifier l'équipe de bonus (comme l'affichage de la vie restant à un ennemi par exemple). 
On trouve comme dans tout RPG qui se respecte des auberges pour se reposer et sauvegarder, des magasins d'objets, d'armures, mais aussi des magasins de runes. 
Les runes peuvent être comparées, dans une certaine mesure, aux matéria de FFVII. Chaque personnage a 3 emplacements de runes, mais souvent ils ne sont tous utilisables qu'après avoir atteint un certain niveau. Les runes s'équipent dans ces emplacements et permettent d'obtenir des attaques magiques, offrent la possibilité de soigner, ou encore des bonus (1/2 de dégâts en plus par exemple) lors des attaques. Il faut noter que ces bonus sont souvent à double tranchant, prudence donc avant de les utiliser.

Tumtumtum

L'évolution des personnages se fait bien entendu en gagnant de l'expérience lors des combats, mais aussi en développant des capacités (attaque, défense, agilité, magie...). Ceci coûte des Points de Compétence qui s'obtiennent en faisant... bah des combats, et oui! 
Vous n'achèterez pas d'armes, mais vous ferez améliorer la vôtre dans une forge. Mais comme vous vous en doutez, rien n'est gratuit en ce bas monde, et plus votre arme sera puissante, plus il faudra payer cher pour l'améliorer. 
Un bémol ici cependant, on est peu guidé pour cela, ce qui oblige à vraiment s'impliquer pour saisir les subtilités du système. Mais est-ce vraiment un mal, je vous le demande? L'aseptisation des jeux vidéo ne mène-t-elle pas à une génération de joueurs assistés ? Vous avez quatre heures ! Hum, pardon reprenons.

"Un cargo de banane, mais ça doit être énorme ! Bien sûr j'achète !"

De nombreuses autres possibilités s'offrent à vous, comme la spéculation sur les denrées alimentaires, et aussi l'expertise d'objets obtenus, mais je vous laisse le soin de découvrir cela vous-même.

Bah dis donc !

Arrivé à ce point, vous vous rendez compte que Suikoden V est un jeu très dense, mais ce n'est pas fini, non. 
Outre les combats classiques au tour par tour, on trouve deux autres types de batailles: les duels et les guerres.

"That's it, Snake. Hurt me more. Make me feel alive again."

Les duels d'abord. Comme leur nom l'indique, ils opposent deux personnages. Durant un de ces affrontements vous pourrez effectuer trois actions: attaquer, défendre ou faire un coup spécial. Pour savoir quelle action effectuer il vous faudra analyser les propos de votre adversaire et adapter votre action à ce que vous pensez qu'il va faire (attaquer quand il défend, faire un coup spécial quand il attaque et défendre quand il fait un coup spécial). Un système qui n'est pas si facile que ça à assimiler, surtout à la fin du jeu.

"Le pire, c'est la guerre."

Les guerres maintenant. A partir d'un certain moment de l'aventure vous aurez votre propre armée, et devrez combattre. Vous disposez de plusieurs unités, et devez les positionner, les commander afin de détruire votre ennemi et remporter la victoire. Un peu de stratégie, mais rien de vraiment extrême, qui apporte encore beaucoup de richesse à ce jeu. A noter que les guerres peuvent se dérouler sur la terre ou sur l'eau.

"There's only two kind of music. Good and bad."

Musicalement, le jeu ne souffre d'aucun point faible, les thèmes accompagnent à merveille l'aventure. Rien à redire de ce côté-là.

"Le Graal par-ci, le Graal par-là"

Et les quêtes annexes dans tout ça? Et bien rassurez-vous il y en a, et pas des moindres. 
Les 108 étoiles! Il n'est pas question ici de décrocher la lune, mais de recruter 108 personnages. Vous avez bien lu, 108! 
La quête des 108 étoiles ne peut même pas être vraiment considérée comme une quête annexe, tellement elle a de l'influence sur le cours de l'aventure. 
Les différentes fins du jeu sont déterminées en partie par le nombre de personnages que vous aurez recruté. 
Donc vous l'aurez compris, pour avoir la fin idéale, il va falloir s'employer à recruter ces 108 étoiles. 
Et ce n'est pas chose facile, la durée de vie, déjà correcte (une soixantaine d'heures) en est boostée. 
Il vous faudra être attentif, pour ne pas faire le moindre petit faux-pas qui vous privera du personnage que vous vouliez (« Raaaah j'ai loupé Cathari ! »), et effectuer diverses quêtes pour convaincre certains personnages de venir grossir vos rangs. 
Ne croyez donc pas y arriver pendant votre première partie (à moins de suivre une soluce pas à pas, mais bon c'est tout de suite moins drôle !).

108 personnages? N'est-ce pas un peu beaucoup? Combien ont plus de deux lignes de background? 
Effectivement voilà des inquiétudes justifiées. Cependant, il n'y a pas vraiment de soucis à se faire de ce côté, les personnages ne sont pas des chiens lâchés dans un jeu de quille, et un gros effort à été fait pour leur fournir un passé et un passif raisonnable. Et ce n'est pas le cas de bien des jeux ne disposant pas d'un panel aussi fourni de personnages.

Je passe sur le fait que bien entendu, Suikoden V dispose de nombreux mini-jeux, mais devant l'ampleur du soft, ils n'auraient pas été présents, ça n'aurait pas fait grande différence.


Galerie photos
Les + / Les -
  • Personnages charismatiques et charmants
  • Scénario efficace et riche en rebondissements
  • Système d'évolution très riche
  • Les 108 étoiles de la destinée
  • Graphismes qui accusent un peu de retard
  • Système d'évolution aussi (peu d'explications, nécessité d'apprendre sur le tas)
Evaluation
Graphismes
Voilà le point qui m'a le plus dérouté au départ. Il faut l'avouer, les graphismes ne sont pas ce que la PS2 a fait de mieux. Mais devant l'ampleur globale du jeu, ils passent au second plan.
Musique
La musique est parfaite, rien à redire sur ce point, les mélodies accompagnent parfaitement les événements, c'est ce qu'on lui demande.
Jouabilité
Très simple à prendre en main, les habitués de tour par tour ne seront pas dépaysés. Simple et efficace, c'est tout.
Durée de vie
Une bonne soixantaine d'heures pour finir la trame principale, en ne recrutant que 70 étoiles environ pour ma partie. Si on décide de recruter les 108 étoiles, la durée risque à n'en pas douter d'augmenter.
Scénario
Après une mise en route poussive, les événements ne cessent de s’enchaîner. Parfait.
En résumé
Verdict sans appel, Suikoden V, malgré des graphismes malvenus sur PS2 est sans conteste un des meilleurs RPG de la console, du moins de mon point de vue.
18 /20 0
Date de sortie française: 
21/09/2006
Sortie japonaise: 
23/02/2006
Sortie américaine: 
21/03/2006
Éditeur: 
Développeur: 
Plateforme: