Brume

Test de Metal Gear Solid 2: Sons of Liberty

Par - publié le 16 Janvier 2015 à 00h21
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Après la grande marque qu’a laissé Metal Gear Solid sur les joueurs occidentaux, la demande d’une suite fut aussi évidente qu’un rappel du public après qu’un artiste s’accomplisse sur scène et Hideo Kojima y répondit. Pourtant, c’est avec beaucoup de dégoût que les fans du premier épisode auront accueilli le deuxième. En effet, si le premier MGS était un savoureux condensé d’action et d’infiltration, le second n’est rien d’autre… qu’un savoureux condensé d’action et d’infiltration et qui est même plus élaboré que son prédécesseur ! Donc je ne vois pas pourquoi il devrait y avoir autant de haine envers une suite qui va de l’avant. Enfin bref, rentrons dans les méandres futuristes et cybernétiques de Metal Gear Solid 2 : Sons of Liberty.

2 ans après les événements de Shadow Moses, le projet Metal Gear reste tout de même entrepris. Cela est le cas pour Revolver Ocelot, ancien membre du Spetsnaz qui se sert de connaissances du GRU pour s’approprier un nouveau modèle appelé Metal Gear RAY qui est détenu par les marines dans un tanker à Manhattan. Sur ce même tanker, se trouve Solid Snake qui, aidé par Hal Emmerich alias Otacon, tient à déceler la raison pour laquelle les américains ont développé un nouveau Metal Gear. C’est après différents accrocs qu’Ocelot trahit ses collègues et s’empare du Metal Gear RAY pour ensuite détruire le tanker, tuant Snake par la même occasion. Deux ans plus tard, le président des Etats-Unis se fait enlever par une unité spéciale surnommée ‘’The sons of liberty’’. Cette unité ayant un lien avec Ocelot, le colonel Roy Campbell de l’unité FOXHOUND envoie Raiden, leur dernier soldat entraîné par le biais de la réalité virtuelle, pour sauver le président et arrêter la menace terroriste.
 
Gardant le même type d’efficacité que le premier épisode, le scénario est rempli de rebondissements en tous genres et de longues cinématiques nécessaires à l’évolution de l’intrigue. Le point culminant de l’histoire reste sa fin qui, révélant des faits identiques à la société où nous vivons de nos jours, laisse réfléchir et fait presque peur par sa véracité. Malgré cela, le jeu reste tout de même détesté pour son changement de protagoniste. En effet, on passe du vétéran charismatique Solid Snake au jeune rookie Raiden. Cependant, Raiden peut être un personnage appréciable pour ceux qui prendront la peine de s’intéresser à son parcours et son passé qui est dévoilé au fil de l’aventure. De plus, il est assez bête de s’en prendre à un jeu pour son histoire et ses personnages alors qu’il y a bien plus à dire au niveau du gameplay qui a évolué.
 
Ce que l’on a pu retenir pour le premier épisode MGS, c’est qu’il n’a été qu’une évolution graphique et artistique par rapport à Metal Gear 2. Cela n’est pas le cas pour MGS2 qui arrive à pousser le gameplay à son maximum en plus de s’améliorer au niveau technique. L’un des plus grands ajouts est la vue à la première personne disponible à tout moment comparée à celle du premier épisode qui se limitait à l’utilisation du sniper et des lances-missiles. Cette amélioration révolutionne l’infiltration transparente du premier MGS puisqu’il est maintenant possible de pouvoir tirer tout en étant caché (cela n’était pas le cas dans l’épisode PSone où tirer à couvert équivalait à gaspiller des balles sur un mur). Autre élément inédit qui rend l’infiltration plus importante : l’ajout des silencieux et armes paralysantes. À part le corps-à-corps, il n’y avait aucun moyen de passer inaperçu sans faire du bruit et faire la brute épaisse avec un fusil d’assaut était souvent la solution la plus efficace dans MGS1. Ce n’est pas le cas dans ce deuxième épisode où il est possible de se débarrasser de ses adversaires en silence mais aussi en les anesthésiant pour qu’il n’y ait aucun meurtre et que notre présence ne soit pas suspectée. En plus de ça, il est possible de transporter le corps des gardes inconscients ou morts pour les cacher dans des casiers que Raiden ou Snake peut utiliser pour s’échapper en cas d'alerte. Enfin, la plus grande amélioration est l’IA des gardes qui a nettement évolué par rapport à celle de MGS1 qui était plutôt folichonne malgré quelques petites bonnes idées. Cette fois-ci, au lieu de foncer bêtement dans le tas, les soldats agissent stratégiquement en groupe et selon leur hiérarchie. Les soldats de base repèrent d’abord Raiden/Snake puis ensuite, une équipe de reconnaissance est envoyée pour confirmer l’élimination des soldats ou la disparition de Raiden/Snake et enfin, une escouade d’élite est envoyée au cas où le faiseur de trouble sévirait encore.
 
Il ne faut pas non plus prendre les gardes pour des imbéciles finis comme ceux de MGS1. Si Raiden/Snake se croit à l’abri derrière un mur, son ombre pourra toujours être aperçue et si tous les gardes d’une zone sont éliminés, l’équipe de reconnaissance serait tout de même envoyée à cause de l’inactivité de cette zone. On retrouve aussi plusieurs petits détails qui sont fidèles au style de Kojima : Raiden/Snake qui peut s’enrhumer sous la pluie et éternuer pour attirer l’attention, la quête secondaire des dogtags, colliers que l’on récupère en fouillant les soldats (et qui débloquent des bonus si on finit le jeu avec un certain nombre) ; la blessure d’une balle dans la jambe qui laisse tomber des traces de sang et qui permet d’être suivi par les gardes et aussi l’utilité sous-estimée de certains objets. Parmi les nouveaux gadgets de l’arsenal, il y un micro directionnel pour entendre discrètement les conversations privées. Il n’est demandé qu’une seule fois de l’utiliser et pourtant il y a des tonnes de situations où son utilisation peut servir (très souvent à des fins comiques). Certains secrets peuvent aussi être trouvés là où on ne les attend pas dans un jeu datant du début de la PS2. La particularité de Raiden par rapport à Snake est de pouvoir s’agripper à des rebords pour se cacher des soldats. En répétant la manip’ plusieurs fois, Raiden peut améliorer son niveau de "Grip" et rester hissé plus longtemps. Ces différentes idées font de MGS2 un titre très ambitieux pour son époque. À ne pas oublier, la bande-son d’Harry Gregson Williams qui laissera certains joueurs pantois tandis que les admirateurs de musique ambiante seront conquis. 
 
Bien entendu, le jeu parfait n’existe pas et MGS2 n’est pas exempt de défauts. Beaucoup de joueurs pourront critiquer la variété d’environnements inexistante, le level design peu inspiré ou la faible durée de vie (10-15 heures pour finir l’aventure). D’autres pourront aussi critiquer Raiden pour de mauvaises raisons et feraient mieux de revoir leur jugement. Et vu que les fanatiques de MGS1 n’aiment pas quand leur jeu favori a une suite qui se trouve être supérieure en terme de gameplay, ils se permettent de citer des défauts qui étaient déjà trouvables dans le premier épisode. D’ailleurs il est intéressant de remarquer que MGS2 est à son prédécesseur ce que MG2 était à son prédécesseur : un grand bond en avant. Et pourtant il est le dernier épisode de la série MGS à être en vue de dessus avant que MGS3 s’approprie la vue à la troisième personne ; et cela peut s’expliquer puisque le maximum a été fait pour ce genre (tout comme l’avait fait Resident Evil en passant de la vue subjective à la troisième personne). L’autre exemple serait la controverse ridicule qui aurait forcé Kojima a prendre un tournant mais cela serait juste triste.

Galerie photos
Les + / Les -
  • Gameplay amplement amélioré
  • I.A. des soldats sournoise et bluffante
  • Vue à la première personne optimisée pour que l'aventure se joue de deux manières différentes
  • L'une des meilleures musiques d'ambiance trouvables dans un jeu vidéo
  • Level-design peu inspiré
  • Des soucis de maniabilité, encore une fois
  • Les ambitions du jeu bloquées par le système de progression en vue de dessus
Evaluation
Graphismes
Très très beaux graphismes pour un jeu de 2001 et il garde beaucoup de charme après plusieurs années. La seule chose à regretter serait les ralentissements durant des explosions (à moins que ce soit des ralentis artistiques).
Musique
En terme de musique ambiante, la bande-son par Harry Gregson Williams, et n’oublions pas son collègue Norihiko Hibino, est stupéfiante. Au niveau du doublage, David Hayter (Snake) et Quinton Flynn (Raiden) forment un duo du tonnerre.
Jouabilité
Le concept de l’infiltration en vue de dessus poussé au max. Arsenal plus vaste, IA beaucoup plus sournoise, visée à la première personne optimisée, des tonnes de secrets rendant l’aventure plus complexe, Metal Gear Solid 2 fait pâlir son prédécesseur et est l’épisode le plus difficile de la série.
Durée de vie
Une durée de vie plutôt moyenne : 10-15 heures de jeu même si la quête des ‘’dogtags’’ peut vous donner envie de recommencer l’aventure.
Scénario
Une excellente mise en scène servie avec un déroulement du tonnerre. Ajoutez à ça une fin incroyablement en avance sur son époque, et vous pouvez considérer Hideo Kojima comme l'un des meilleurs scénaristes dans le monde du jeu vidéo.
En résumé
Faisant passer le premier épisode pour une version bêta de ce qu’allait devenir la série, Metal Gear Solid 2 prend l'expression "suite allant de l’avant par rapport à son prédécesseur’’ au sens strict du terme. Cependant, il reste limité par son système d’infiltration en vue de dessus qui date quand même de 1987 et n’aura fait que l’améliorer au maximum. Une suite très haïe pour de très mauvaises raisons.
17 /20 0
Date de sortie française: 
08/03/2002
Sortie japonaise: 
29/11/2001
Sortie américaine: 
14/11/2001
Éditeur: 
Développeur: 
Plateforme: 

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